Denis Boies, le président du Temple de la renommée de l’agriculture du Québec, a levé son verre aux trois nouveaux intronisés, le 4 octobre. Photo : Vincent Cauchy/TCN
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S'abonner maintenantLÉVIS – Le centre des congrès de Lévis a accueilli le gratin agricole de la province, le 4 octobre, à l’occasion du banquet annuel d’intronisation du Temple de la renommée de l’agriculture du Québec. Tour à tour, messieurs Gaétan Desroches, Gérard Trudeau et Jean-Guy Vincent ont pris place sur la scène pour être honorés, sous les applaudissements des 250 convives.
Pour Gaétan Desroches, qui a œuvré pendant 42 ans chez Sollio Groupe Coopératif, l’année 2025 marque une double intronisation étant donné qu’il sera également admis au Temple canadien de la renommée agricole. La distinction québécoise revêt toutefois une signification particulière. « Être intronisé ici aux côtés de pionniers du mouvement coopératif, de gens qui m’ont influencé, c’est un grand honneur », a lancé d’entrée de jeu M. Desroches dans son discours de remerciement, en citant une demi-douzaine de personnes précédemment intronisées. « J’ai travaillé avec eux, mais jamais je n’aurais pensé me retrouver sur le même tableau d’honneur que ces grands hommes. »
Celui qui a pris sa retraite en 2021 a vu, au cours de son passage à la direction de la coopérative, le chiffre d’affaires passer de 5,4 à 8,2 G$. C’est avec humilité qu’il a adressé ce message aux futures générations de producteurs et de productrices : « Je veux saluer les générations montantes. À celles et ceux qui reprennent le flambeau, j’aimerais leur rappeler qu’ils ont une mission noble. Nourrir les gens, ce n’est pas un métier comme les autres; c’est un engagement, un acte de solidarité, une immense fierté. C’est une responsabilité unique, mais aussi un grand privilège. »
De comptable à producteur
Malgré un parcours atypique, d’abord dans le monde de la comptabilité, puis en administration publique, notamment à titre de directeur adjoint de la police de Montréal, Gérard Trudeau a connu une carrière florissante en agriculture, notamment dans le domaine maraîcher.
« J’ai grandi dans une ferme laitière jusqu’à l’âge de 18 ans », rappelle le fondateur de l’entreprise Les fines herbes de chez nous, pionnière dans la production commerciale de fines herbes et de légumes asiatiques. « Dans ma famille, je suis la continuité agricole, même si j’avais choisi d’étudier pour devenir comptable agréé. Mon grand-père me disait que j’étais le premier à rompre avec la tradition familiale. Heureusement, il s’est trompé. Aujourd’hui, ses paroles résonnent encore en moi. Elles me rappellent à quel point l’agriculture n’est pas seulement une profession, mais bien une vocation. »
Cette vocation a poussé M. Trudeau à populariser l’utilisation de fines herbes et de légumes asiatiques au Québec, mais également en République dominicaine et au Mexique, pays où l’entreprise a également des fermes. D’ailleurs, fait surprenant, le nouvel intronisé souligne que 95 % de la production en République dominicaine est destinée au marché local de ce pays antillais.
Une « critique » de l’intérieur
Chaque intronisé était accompagné d’amis, de collègues et de proches pour le banquet, mais les plus nombreux étaient sans contredit le groupe accompagnant Jean-Guy Vincent, le dernier à se présenter sur la scène. C’est avec le trémolo dans la voix que M. Vincent a tenu à partager cet honneur avec sa femme, Lise.
« Quand on s’implique comme je l’ai fait, ça prend toujours quelqu’un qui garde le fort », a lancé le producteur porcin de Sainte-Séraphine, dans le Centre-du-Québec, surtout connu pour son implication au sein des Producteurs de porcs du Québec. « Mon épouse, dès 1988, a acheté sa propre ferme, a bien connu les défis de la production porcine et a été une bonne critique. »
Il a également tenu à remercier ses parents, qui ont été une véritable bougie d’allumage pour son engagement syndical. « Mon implication auprès des producteurs, je la dois à mes parents. Mon père m’a incité vers l’aspect politique. Il savait que c’était une bonne façon d’améliorer les choses et de créer des réseaux », souligne M. Vincent.
Il faut rappeler que c’est lorsqu’il était à la tête de la Fédération des producteurs de porcs du Centre-du-Québec que Jean-Guy Vincent a organisé le fameux blocage de l’autoroute 20 avec des porcs, en septembre 1998. C’est également lui qui a piloté la négociation d’une convention historique qui a permis aux éleveurs d’obtenir un prix basé sur le marché américain, des garanties d’abattage et une meilleure équité.
Les portraits dévoilés au cours de la soirée seront installés aux côtés de ceux des 112 autres intronisés dans le bâtiment La Coop sur le site de la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe.