Le gouvernement de Mark Carney répète depuis la campagne électorale que la gestion de l’offre ne sera pas sur la table de négociations. Photo : Patricia Blackburn / Archives TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantLe chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, soutient que le gouvernement Carney « cède sur tout » face à l’administration américaine en pleine guerre tarifaire et « n’a gagné rien », laissant entendre que ce pourrait être le cas sur le front des produits laitiers.
« Ils vont essayer de mettre des éléments sur la table. C’est sûr que les Américains vont essayer », a-t-il dit, le 1er octobre, en faisant valoir, une fois de plus, qu’il n’y a pas de réelles négociations avec les États-Unis.
M. Blanchet était questionné sur des informations rapportées par le Globe and Mail voulant que le gouvernement canadien considère faire des changements afin de permettre à davantage de produits laitiers américains de se retrouver sur des tablettes d’épiceries, au Canada.
Ces discussions avec l’industrie s’inscriraient dans le cadre de la préparation faite par le gouvernement Carney en vue de la révision de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), prévue pour 2026.
Le gouvernement de Mark Carney répète depuis la campagne électorale que la gestion de l’offre ne sera pas sur la table de négociations.
Depuis, un projet de loi bloquiste visant à garder intact ce système et les quotas d’importations qu’il prévoit a été adopté avec, notamment, l’appui des libéraux de M. Carney.
« C’est sûr que la gestion de l’offre en soi, sur le principe, ne sera pas compromise », a tranché M. Blanchet dans le foyer de la Chambre des communes, ajoutant toutefois qu’« autre chose » est demandé par des joueurs de l’industrie laitière américains en guise d’allégements.
Il a dit que, dans l’état actuel des choses, ces derniers peuvent seulement vendre des produits à des transformateurs canadiens et non directement à des détaillants ou des commerces à grande surface.
Donc les Américains qui vendent des produits au Canada le font pour être transformés au Canada – valeur ajoutée au Québec et au Canada – avant d’aller sur les tablettes. […] Donc il va y avoir des niches de produits qui existent aux États-Unis qui vont rentrer sur les tablettes, mais c’est relativement peu.
Des pressions sont exercées pour changer la donne et que « les grandes surfaces puissent acheter directement le produit de consommation en version finale et transformée des États-Unis ».
Cela aurait des effets néfastes, redoute M. Blanchet, pour les transformateurs québécois et canadiens.
« La grande surface va se dire que sa marge de profit sur le produit américain est plus importante et elle va aller de ce côté-là, plutôt que d’acheter le produit transformé qui a été transformé au Québec ou au Canada », a-t-il dit.
Le ministre responsable des relations commerciales entre le Canada et les États-Unis, Dominic LeBlanc, a réitéré pour sa part que la gestion de l’offre sera exclue des discussions avec les Américains.
« Nous sommes en train de consulter les secteurs de plusieurs industries. Les fonctionnaires font ça en préparation de la révision de l’ACEUM. […] Cependant, c’est le gouvernement qui décide ce qui sera ultimement sur la table de discussions avec les Américains et j’ai bien dit que la gestion de l’offre ne sera pas un sujet de négociations », a-t-il réitéré.
Il n’est pas clair si M. LeBlanc considère que les allégements potentiels qui pourraient bénéficier à des transformateurs laitiers américains font partie intégrante du système de gestion de l’offre ou si, comme pour M. Blanchet, c’est « autre chose ».
Nouvelles de © La Presse Canadienne, 2026. Tous droits réservés. Ce matériel ne peut pas être publié, diffusé, réécrit ou redistribué.