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S'abonner maintenantL’ego… trois lettres pour un concept aussi vaste que subtil. On l’accuse de tous les maux, on tente de le dompter, parfois de l’éteindre. Mais, qu’est-ce que l’ego, exactement? Est-il un ennemi intérieur à combattre ou une force à apprivoiser?
En psychologie, l’ego est la représentation que l’on se fait de soi-même. Il joue un rôle central dans la construction de l’identité. C’est lui qui distingue l’individu du reste du monde. L’ego est parfois vu comme une illusion, une image mentale de soi à laquelle on s’attache, souvent à tort. L’ego, c’est aussi cette petite voix intérieure qui veut avoir raison, être aimée, reconnue, admirée. Il nous donne un sens, mais peut également nous emprisonner.
Prenons des exemples de tous les jours : votre associé(e) critique votre idée. Si votre ego est en avant-plan, vous risquez de vous sentir attaqué, de vous mettre sur la défensive ou de chercher à dénigrer l’autre. Si votre ego est un peu plus en arrière-plan, vous êtes davantage en mesure d’accueillir le commentaire avec ouverture. Dans un couple, l’ego s’exprime lorsqu’on veut avoir le dernier mot, quand on refuse de s’excuser ou d’admettre une erreur. On défend alors une image de soi (celle du partenaire irréprochable) au lieu de chercher la vérité, l’humilité ou l’harmonie. Sur les réseaux sociaux, l’ego domine. Il cherche des likes, des partages, des commentaires. Il mesure sa valeur à l’approbation extérieure, ce qui peut mener à une quête infinie de validation.
Cependant, à trop le critiquer, on oublie que l’ego a aussi une utilité. C’est grâce à lui que nous affirmons nos limites, que nous pouvons dire non, que nous avons de l’estime de soi.
L’ego, bien intégré, permet de se positionner dans le monde, de défendre ses idées, d’oser prendre des initiatives.
Il nous pousse à grandir, à nous dépasser, à chercher une forme de reconnaissance sociale qui, sans être une fin en soi, peut être une source de motivation. Il n’est pas question de le supprimer, mais plutôt de le canaliser.
Le problème, c’est quand l’ego prend le contrôle. Il devient alors source de conflits ou d’anxiété. Il empêche d’écouter l’autre, de reconnaître ses torts, de changer d’avis. L’ego excessif crée de la séparation, de la compétition, du jugement. Il nous rend aussi vulnérables : si notre image de soi est attaquée, nous chambranlons. Un simple rejet peut devenir une blessure profonde. L’ego nous pousse également à nous identifier à nos possessions, à nos réussites et à notre statut social. Mais tout cela est éphémère.
Alors, comment mieux gérer son ego? Cela ne signifie pas de le détruire, mais de le remettre à sa place. Et il existe des moyens pour y arriver! Tout d’abord, observez sans juger : quand vous ressentez une montée d’orgueil, prenez un moment pour respirer et observez, comme un témoin, ce qui se passe en vous. Cette simple prise de conscience crée une distance entre vous et votre ego. Ensuite, soyez humble : acceptez de ne pas tout savoir, de ne pas être parfait. L’humilité n’est pas de se rabaisser, mais de se reconnaître tel que l’on est, avec ses forces et ses limites. Cherchez la vérité plutôt qu’à avoir raison. Dans les disputes, demandez-vous : « Est-ce que je défends mon ego ou est-ce que je cherche vraiment à comprendre? » Enfin, développez l’estime de soi réelle : plus l’estime est stable (basée sur des valeurs profondes, et non sur le regard des autres), moins l’ego a besoin de s’imposer.
Bref, l’ego est un outil, pas un boulet. Il peut être notre allié s’il est reconnu pour ce qu’il est : une construction mentale utile, mais incomplète. Apprendre à vivre avec son ego, c’est apprendre à vivre en paix avec soi et avec les autres. C’est probablement l’un des grands défis de notre société, et certainement une voie vers plus de liberté intérieure.
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