Sous une prairie diversifiée, les racines tissent un réseau solide qui maintient le sol en place, le structure et favorise l’infiltration de l’eau. Photo : Hamaka Creativity Lab
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S'abonner maintenantÉrosion, sécheresse, baisse de fertilité… Et si l’un des gestes les plus simples pour améliorer la santé de nos sols consistait à maintenir des racines vivantes le plus longtemps possible dans l’année? Cachées sous la surface, elles jouent un rôle essentiel dans la vitalité et la résilience des fermes.
Ce qu’on appelle ici « racines vivantes », ce sont des racines actives ou dormantes présentes dans le sol aussi souvent que possible, même en dehors des périodes de culture.
Les plantes vivaces, comme les cultures fourragères pérennes, les arbres ou les arbustes, ont un avantage considérable sur les cultures annuelles : leurs racines restent actives dans le sol bien au-delà d’une seule saison. Cette présence continue permet non seulement de nourrir la vie microbienne du sol, mais aussi de renforcer sa structure, d’améliorer la rétention d’eau et de stocker du carbone à long terme.
En excrétant des composés sucrés dans la rhizosphère, les racines vivantes stimulent l’activité des micro-organismes bénéfiques. Ceux-ci, en retour, rendent disponibles les nutriments dont les plantes ont besoin. C’est une relation d’échange qui soutient l’équilibre biologique du sol, sans nécessiter d’intrants supplémentaires.
De plus, ces systèmes racinaires profonds et permanents limitent fortement l’érosion, même en période de fortes pluies ou de sécheresses. Ils maintiennent la porosité du sol, ce qui favorise le drainage et prévient la compaction. Un sol bien aéré offre un milieu favorable aux microbes bénéfiques, tout en permettant aux racines de respirer et de croître.
Plusieurs approches, présentes dans bien des fermes au Québec, permettent de maximiser la présence de racines vivantes à l’échelle d’une ferme :
- L’agroforesterie, qui réfère à l’inclusion d’arbres dans les systèmes agricoles sous différentes formes (brise-vent, îlots boisés, sylvopastoralisme), apporte davantage de bénéfices, comme l’ombrage des animaux au pâturage ou l’accumulation de neige en hiver pour isoler les cultures du froid;
- Les cultures fourragères pérennes (les prairies) et les cultures de couverture, qui offrent une excellente transition entre deux cultures principales, gardent le sol protégé contre l’érosion, favorisent la biodiversité et améliorent la qualité de l’eau;
- La réduction du travail du sol permet de préserver l’intégrité des racines et de favoriser la vie microbienne, fongique et microfaunique, ce qui en fait un écosystème vivant;
- Enfin, le pâturage en bande stimule la repousse des plantes et la croissance racinaire tout en apportant une fertilisation naturelle.
En conclusion, favoriser la présence continue de racines vivantes est une stratégie simple et efficace pour renforcer la fertilité et la structure des sols, et améliorer la résilience des fermes.
Pour explorer d’autres exemples concrets de fermes québécoises qui adoptent ces pratiques, visitez notre Carte de fermes sur regenerationcanada.org.
