Retour vers le futur : revenir dans sa région natale pour bâtir l’avenir

Je marche à peine, mais déjà, j’accompagne mon grand-père à sa ferme. Je ramasse les petits œufs de cailles que je place délicatement dans sa casquette qu’il m’a prêtée pour que j’y cache ma précieuse récolte. J’ai 2 ans.

Grand-papa m’amène jusqu’à la coop agricole, où on ira chercher les petits poussins, de quoi produire de bons gros poulets pour les jours d’hiver. On pourra se faire des repas faits à partir de nos produits de la ferme! J’ai 8 ans.

On a récolté le maïs sucré. Je tiens le petit kiosque. Cinq dollars la douzaine! Il ne sera pas encore midi que toute la récolte sera déjà vendue aux nombreux passants qui attendent le fameux maïs de Roland, le meilleur du Pontiac pendant longtemps. J’ai 12 ans.

Nous sommes tous rassemblés en sa mémoire. Je ne comprends pas trop ce qui se passe. Tout ce que je sais, c’est qu’il n’est plus là et que mon quotidien vient de changer. La ferme ne sera plus jamais la même. J’ai 14 ans.

C’est le temps de faire des demandes pour l’université. Tout m’intéresse, je ne sais pas vers quoi me diriger. Ma seule certitude : je veux revenir dans le Pontiac et faire de l’entrepreneuriat. Et si l’agriculture pouvait être mon métier? Cap vers Québec, agroéconomie, me voici! J’ai 20 ans.

Je découvre l’agriculture comme jamais auparavant. Je fais un stage agricole au Sénégal. Je travaille pendant quelques années comme agronome. En parallèle, je termine une maîtrise en sécurité alimentaire, un sujet tellement important qui sera au cœur de mes projets futurs. Je termine aussi une attestation d’études collégiales en transformation laitière. Il y a comme un projet de fromagerie dans l’air. J’ai 28 ans.

Je suis de retour dans le Pontiac. J’ai racheté la terre de mon grand-père. Ce lieu, rempli de souvenirs toujours bien vivants, est maintenant mon terrain de jeu. Une fromagerie, des chèvres laitières, des poules, quelques bœufs, un grand jardin, plein de fleurs, les idées ne manquent pas. En plus, dans ma MRC, tout est à construire, je peux tout faire. J’ai maintenant 30 ans. 

Dans quelques années, j’irai ramasser les petits œufs de caille avec mes enfants. Une casquette bien usée nous servira de petit panier pour y cacher nos trésors. J’aurai 35 ans. Finalement, comme grand-papa disait : « On est bien à Fort-Coulonge! »  


En collaboration avec la Fédération de la relève agricole du Québec :