Au-delà du besoin fondamental de se nourrir se trouve celui de prendre plaisir à découvrir diverses textures et saveurs en toute convivialité. Photo : Martin Ménard/Archives TCN
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S'abonner maintenantLes marchés publics ont bien failli disparaître au milieu des années 1950. Séduits par les marchés d’alimentation à grande surface, les consommateurs ont boudé pendant plusieurs années une tradition qui remonte à très loin.
Un lieu névralgique de la Nouvelle-France
Dès le peuplement du territoire du Québec sous le régime français, de petits marchés publics prennent forme afin d’assurer que les nouveaux habitants mangent à leur faim. En plus d’y sélectionner fruits et légumes, viandes, œufs et produits laitiers, les clients de ce lieu transactionnel extérieur en profitent pour s’informer. Les marchés agissent alors comme ciment social à une époque où il est impossible de texter son voisin pour savoir ce qui se passe au village!
L’âge d’or des marchés publics
Au 19e siècle, ces marchés gagnent en superficie et en popularité avec l’exode des Canadiens français vers les grands centres. Des normes d’hygiène et de qualité sont instaurées. Les étals jadis à l’air libre sont érigés dans des halles sous des toits et des auvents fixes pour protéger les produits et les gens contre les intempéries et le soleil brûlant de l’été. Artistes, musiciens et saltimbanques y performent pour divertir les foules et attirer les familles.
L’attrait pour la nouveauté
Les années 1950 sont marquées par un boum économique et industriel qui modifie grandement la société. Les supermarchés où l’on retrouve tous les produits alimentaires imaginables font leur apparition. La façon de magasiner des gens change et l’attrait pour les marchés publics diminue fortement. Il faudra attendre les années 1990 et même 2000 pour que la nostalgie des marchés d’autrefois regagne le cœur des Québécois.
Un retour aux sources
Le désir de sélectionner soi-même ses produits, d’avoir accès à des laitues croquantes récoltées le matin même et de discuter avec celui ou celle qui les a fait pousser, tout ça n’a pas de prix pour plusieurs consommateurs d’aujourd’hui. La prise de conscience collective de la nécessité d’encourager l’agriculture locale est également à l’origine de la renaissance des marchés publics à travers la province. Le besoin de socialiser, de comprendre d’où proviennent les aliments et de faire des découvertes prime parfois sur l’attrait pour les bas prix et la commodité des magasins à grande surface. Au-delà du besoin fondamental de se nourrir se trouve celui de prendre plaisir à découvrir diverses textures et saveurs en toute convivialité.