Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenant
Réussir à photographier une vache peut représenter tout un défi pour un néophyte. Mais pour Éléna Marsolais, mieux connue sous le nom de son entreprise, Elzé Photographie, la photographie agricole n’a pas de secrets. L’animateur du balado Le son de La Terre, Vincent Cauchy, s’est entretenu avec elle pour en apprendre plus sur son métier. Voici quelques extraits de cette rencontre.
Q Quand tu pars sur la route, est-ce qu’il y a des équipements spécifiques que tu dois apporter parce que tu fais de la photo agricole?
R Pour l’appareil en tant que tel, c’est assez standard. Mais pour le reste, je dois faire attention à tout ce qui concerne la biosécurité. Je ne prends jamais des rendez-vous dans plusieurs fermes la même journée, à moins que ce soit la même entreprise et qu’ils me permettent de changer de site. Dans mon auto, j’ai bien sûr des bottes de plastique et des [combinaisons en] Tyvek. Et je désinfecte mon équipement photo à chaque séance. Je me fais un point d’honneur de faire ça parce que je ne veux pas être un vecteur. Je suis là pour mettre en valeur les animaux, pas pour trimballer des parasites.
Q Est-ce que ça apporte un défi supplémentaire de travailler avec des animaux plutôt qu’avec des humains?
R Oui. Parce qu’ils ne parlent pas français… [rires], mais selon la race de l’animal, il y a des façons de se déplacer pour pouvoir faire déplacer l’animal de la bonne façon. Je suis quand même observatrice et j’adore la nature, alors j’arrive à communiquer avec les animaux. Mais c’est un défi à chaque séance. C’est pour ça que j’ai toujours un plan A, B et C. J’arrive toujours avec une idée, mais c’est fort possible que j’en déroge. Placer un cheval, ce n’est pas facile, mais imaginez aller placer un troupeau de bovins de boucherie dans un champ, c’est autre chose. C’est sûr qu’avec l’expertise que j’ai, c’est plus facile pour moi que pour quelqu’un qui n’est pas habitué.
Q Est-ce qu’il y a des espèces qui sont plus difficiles à photographier?
R Chaque animal est unique et a son caractère. Ça va aussi dépendre de l’humain qui l’a élevé et qui le manipule. Un animal peut être docile avec moi seule, mais si quelqu’un d’autre est présent et stressé, il le sera peut-être moins. Mais il n’y a pas de race plus têtue qu’une autre. C’est vraiment du cas par cas.
Q J’imagine que photographier de la volaille, par contre, ça ne doit pas être facile…
R Non, en effet. Surtout les dindons. J’ai eu l’occasion de faire une séance dernièrement. Je ne suis pas grande et les dindons, oui. Et ça vient en groupe autour de toi et ça te picosse parce que c’est curieux. Disons que je voulais sortir assez rapidement après avoir pris mes photos. Je me sentais un peu attaquée dans ma bulle.
Q Est-ce que les animaux savent lorsqu’ils sont photographiés?
R Je te dirais que certains animaux, oui. Il y en a qui n’aiment pas ça, tout comme des humains. Il y a des animaux qui te regardent et ils le savent. Ils doivent voir que j’ai quelque chose dans les mains et détournent systématiquement la tête. J’ai beau faire des dizaines de bruits de bouche différents, ils ne veulent rien savoir. Il y a des animaux qui ne coopèrent pas. C’est pour ça que je préfère vraiment utiliser un téléobjectif, pour rester à distance de l’animal. J’y vais par étape. Les animaux ne me connaissent pas. Je suis une inconnue avec une grosse affaire dans les mains. Je commence de loin et, tranquillement, je me rapproche jusqu’à être à quelques pieds de l’animal si c’est possible.
Pour écouter l’échange complet et en savoir plus sur la banque d’images développée par Éléna ou encore pour obtenir des trucs afin de photographier son animal favori :