Chronique CQPF 9 mai 2025

Des ponts qui se renforcent entre le Québec et la francophonie européenne

Pour la deuxième année consécutive, le Conseil québécois des plantes fourragères était présent aux Journées printanières de l’Association francophone pour les prairies et les fourrages (AFPF), en France. L’événement rassemblait des chercheurs et intervenants de plusieurs pays européens autour du rôle central des fourrages dans le système alimentaire des herbivores et la compétitivité des élevages. Un sujet bien d’actualité, même de ce côté-ci de l’océan. Durant mon séjour, j’ai eu le privilège de visiter l’Unité expérimentale de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) du Pin, en Normandie. Ce site exceptionnel, implanté dans un domaine légué par Louis XIV, est aujourd’hui un centre de recherche d’envergure nationale et européenne. Situé au cœur du bocage normand, dans l’Orne, le domaine s’étend sur 340 hectares, dont 300 hectares en herbe. Il abrite un troupeau de 500 têtes, dont 250 vaches laitières en production, réparties sur deux sites distants de deux kilomètres. Des travaux de recherche fondamentale et appliquée y sont menés toute l’année en lien avec l’INRAE, des établissements d’enseignement supérieur, des instituts techniques, ainsi que des partenaires privés et publics.

J’ai aussi appris que dans la région de l’Auvergne, le pâturage fait partie intégrante des pratiques en production bovine. Des discussions sont en cours avec une conseillère de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme, très engagée dans ce domaine.

Le Québec s’implique déjà dans plusieurs collaborations de recherche. Le chercheur Luc Delaby, de l’INRAE, bien connu dans le secteur laitier, a notamment travaillé avec François Labelle, agronome de Lactanet, sur différents projets.

Autre sujet d’intérêt, le foin de Crau, produit dans les Bouches-du-Rhône et reconnu par une appellation d’origine contrôlée (AOC), est un bel exemple de valorisation régionale à explorer.

En matière de transfert de connaissances, j’ai eu l’occasion d’échanger avec Alizée Chouteau, mon homologue à l’AFPF. Nous avons discuté de la Grass School, une initiative française de formation continue pour les professionnels du secteur. Cette ressource précieuse pourrait inspirer les travaux en cours du Centre d’initiatives en agriculture de la région de Coaticook, qui planche actuellement sur le développement de l’Académie des pâturages.

L’ouverture vers l’Europe s’avère prometteuse et, il faut le dire, franchement stimulante! Reconnaître des visages d’une année à l’autre, tisser des liens, poursuivre les discussions amorcées : tout cela nourrit le sentiment d’appartenance à une communauté internationale de passionnés. Les collaborations se multiplient, les liens se tissent… Et comptez sur moi pour entretenir ces ponts avec enthousiasme.