Plus que la chaleur, le vent et l’inte nsité des précipitations, c’est la concentration d’azote dans l’air qui affecte le plus les abeilles pollinisatrices. Photo : Martin Ménard/Archives TCN
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S'abonner maintenantLes abeilles pollinisatrices souffrent de la mauvaise qualité de l’air. Une étude récente publiée dans la revue Communications Earth & Environnement montre qu’elle accroît la mortalité chez cet insecte indispensable à la vitalité des écosystèmes.

Liliana Perez
Plus que la chaleur, le vent et l’intensité des précipitations, c’est la concentration d’azote dans l’air qui affecte le plus les abeilles pollinisatrices, observe Liliana Perez, professeure au Département de géographie de l’Université de Montréal et coauteure de l’étude sur l’incidence de la mauvaise qualité de l’air sur la mortalité de l’insecte.
Un seul écart type de différence par rapport à la qualité moyenne de l’air d’une région suffit pour que le taux de mortalité des abeilles pollinisatrices bondisse d’environ 30 %. C’est ce qui caractérise les journées de feux de forêt où les rayons du soleil peinent à percer le filtre jaune qui cache le bleu du ciel. « [Les abeilles] éprouvent de la difficulté à se guider, indique Liliana Perez. Il leur faudra plus de temps pour trouver la source de pollen; elles seront plus fatiguées et moins efficaces dans leur tâche, ce qui va entraîner une mortalité plus élevée en fin de saison. »
L’équipe de recherche tire ses résultats de l’étude de l’activité de plus de 103 000 ruches réparties au Canada et aux États-Unis. Les données proviennent d’une application installée sur les ruches par la firme Nectar, de Montréal. « L’application permet de mesurer la quantité de sucre qu’elles vont donner, si la reine est morte ou a survécu à la saison, l’âge de la ruche, etc. » illustre la professeure Perez. Si les résultats permettent de mieux comprendre la sensibilité des abeilles à la qualité de l’air, il est envisagé de faire de l’insecte un bio-indicateur du comportement des pollinisateurs en général, souligne-t-elle.
Pistes de protection
D’ici là, les chercheurs proposent des pistes pour protéger les abeilles. La première : garder les ruches à l’intérieur lors des épisodes de feux de forêt.
Les abeilles sont un peu comme les humains. Il est préférable d’éviter les sorties lorsque la qualité de l’air présente un risque pour la santé.
Une autre recommandation serait de placer les ruches dans des secteurs denses en végétaux. « La biomasse agit comme une sorte d’écran protecteur », explique la chercheuse.