Moins de 2 % de la superficie totale de la province est fertile. Surprenant, n’est-ce pas? Il semble donc inconcevable d’utiliser cette toute petite part de terres pour y construire des usines ou des maisons. Photo : Martin Ménard/Archives TCN
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S'abonner maintenantAh, le Québec! Ce vaste territoire reconnu pour ses forêts, ses cours d’eau et ses champs à perte de vue. Et pourtant, moins de 2 % de la superficie totale de la province est fertile. Surprenant, n’est-ce pas? Il semble donc inconcevable d’utiliser cette toute petite part de terres pour y construire des usines ou des maisons. Celle-ci doit être préservée pour assurer l’alimentation de la population. C’est ce que le gouvernement a compris dès les années 1970.
L’étalement urbain des années 1960-1970
Le Québec a connu un boum économique après la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) qui s’est répercuté dans le milieu agricole. L’évolution de la machinerie a notamment permis aux agriculteurs d’engager moins d’employés. Ces derniers se sont donc déplacés vers les villes pour y travailler en entreprise et en usine.
De grands chantiers d’infrastructures d’utilités publiques comme des écoles, des routes et des établissements de santé ont vu le jour. Ce développement urbain s’est mis à utiliser une plus grande proportion du territoire, menaçant certains agriculteurs d’expropriation. Il fallait donc faire quelque chose, et vite, pour s’assurer que les cultivateurs, les acériculteurs et les éleveurs ne se feraient pas chasser de leurs terres, sans quoi la province ne serait plus capable de nourrir sa population.
Une loi à la rescousse du garde-manger québécois
En réponse à la menace de l’étalement urbain, la Commission de la protection du territoire agricole a vu le jour en 1978. Son rôle est de veiller à l’application de la loi sur la protection du territoire agricole du Québec adoptée la même année.
Grâce à cette nouvelle législation, il était interdit d’utiliser les terres arables à des fins autres que l’agriculture. Il n’était plus possible de morceler ces terres ni de couper les érables d’une érablière. Une série d’ajouts et de modifications à cette loi ont été effectués au cours des décennies suivantes.
Des sols arables plus précieux que jamais
Malheureusement, cette loi n’a pas donné les résultats escomptés dans la vallée du Saint-Laurent. Certains gouvernements l’ont affaiblie de sorte que des promoteurs immobiliers sont parvenus à la contourner.
Maintenant que la menace des changements climatiques plane sur la fertilité des terres, il est plus urgent que jamais de protéger ces parcelles de territoire. C’est grâce à elles que nous pourrons continuer à nous alimenter dans un monde de plus en plus fragmenté par les conflits. Longue vie aux produits locaux!