Page conseils 28 mars 2025

Ces veaux qui ne seront pas élevés à la ferme laitière

En tant que médecin vétérinaire praticien œuvrant à la fois dans le domaine laitier et dans le domaine des veaux lourds, je suis à même de constater la réalité des producteurs de ces deux secteurs. En fait, il s’agit de deux industries fortement interreliées. 

La plupart des producteurs laitiers ne peuvent pas élever la totalité des veaux nés à la ferme, et le fait d’avoir un marché pour ces veaux leur permet de tirer un revenu de cette vente. Les producteurs de veaux lourds ont ainsi, pour leur part, des veaux disponibles pour leur élevage.

Comme les veaux naissent et passent leurs premiers jours de vie à la ferme laitière, les producteurs laitiers ont leur part à faire pour permettre à ces veaux de conserver le meilleur état de santé possible dans leurs premières semaines de vie.

Un départ qui fera toute une différence pour la suite!

Transfert d’immunité passive

Les veaux, tant les femelles que les mâles, ont besoin de colostrum de qualité en quantité suffisante, récolté et donné proprement et rapidement à la suite de leur naissance. Ainsi, ils auront un système immunitaire plus enclin à faire face aux différents agents pathogènes présents dans leur environnement. Les veaux destinés à quitter la ferme subissent de nombreux stress dans leurs premières semaines de vie (transport, regroupement, changement d’alimentation, etc.). Ils ont donc d’autant plus besoin d’un bon transfert d’immunité passive. Il est primordial de faire tout ce qui est possible pour permettre à ces animaux d’avoir ce dont ils ont besoin pour faire face aux maladies.

Âge des veaux

L’âge des veaux au moment de leur commercialisation est très important. Des veaux plus vieux auront naturellement plus de capacité à faire face aux différents stress subis lors de la vente, comparativement aux veaux plus jeunes. Ce qui explique pourquoi des veaux âgés de moins de neuf jours ne doivent pas être transportés pour être commercialisés dans un centre de rassemblement (partie XII modifiée du Règlement sur la santé des animaux, Agence canadienne d’inspection des aliments).

État de santé

Il est aussi important de rappeler que des veaux malades ne doivent pas être commercialisés tant qu’ils ne sont pas rétablis. Un veau malade est un facteur de risque pour la contamination des autres veaux lors du transport, lors du regroupement pour la vente et même une fois arrivés à la ferme de veaux lourds. En plus, il est fort probable que l’état de santé de ce veau se dégrade étant donné tout ce à quoi il devra faire face au cours du processus de commercialisation. Quelques éléments clés à vérifier avant le départ d’un veau :

Oreilles hautes et regard vif;

Respiration normale, aucun jetage nasal;

Se tient bien debout et marche adéquatement;

Pas de diarrhée, arrière-train propre;

Nombril sec sans aucun signe d’infection;

Ventre plein et bon état de chair.

Il est clair que les producteurs de veaux lourds ont besoin de l’apport des producteurs laitiers pour avoir des veaux à élever, mais les producteurs laitiers ont aussi besoin des producteurs de veaux lourds pour élever ces veaux mâles et, ainsi, valoriser et entretenir la chaîne de production. Continuons à faire des efforts pour entretenir cette belle relation d’affaires. Travaillons ensemble pour avoir des veaux en santé!