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S'abonner maintenantLes médias rapportent fréquemment des cas de violence conjugale ou familiale. Qu’en est-il de la violence sociale, cette forme de violence commise par des individus ou par une communauté, et qui a un impact social? Par exemple, les déclarations du président des États-Unis affirmant qu’il utilisera la « force économique » pour imposer sa loi sont, à mon sens, de la violence sociale. Son discours menaçant, à maintes reprises, fait planer un nuage sombre au-dessus de notre pays. Les médias en rajoutent en diffusant en boucle ses propos. Cette nouvelle réalité ébranle nos valeurs de démocratie et alimente un sentiment d’insécurité et de méfiance envers cet allié historique. Par cette chronique, je vous propose une réflexion sur les « micro-guerres » présentes dans notre environnement immédiat et leurs dommages collatéraux, trop souvent banalisés.
Dans ma pratique, j’observe des gens acquérir des connaissances de toutes sortes pour réussir socialement. Cependant, les compétences relationnelles et l’intelligence émotionnelle sont souvent moins valorisées, et pourtant, elles sont tellement importantes. À titre d’exemple, je vous raconte l’histoire de Lise, Marie et Andrée inspirée de situations rencontrées lors de mes interventions auprès de personnes du milieu agricole.
Lise travaille depuis peu dans une grosse ferme familiale où des tensions ont émergé dans l’équipe de travail quelque temps auparavant. L’équipe est composée d’une vingtaine de travailleurs et de travailleuses. Rapidement, Andrée s’est liée avec Lise. Elle s’est confiée sur ses problèmes familiaux et au travail. Elle a ainsi prévenu sa nouvelle amie de se méfier d’une de leurs collègues de travail, Marie. Il s’avère qu’Andrée et Marie sont en conflit depuis plusieurs mois pour des raisons professionnelles. En effet, Marie s’est vu confier des responsabilités par l’employeur. Andrée ne l’a pas pris et elle le lui fait payer par des moyens détournés : sous-entendus sur sa santé mentale; demandes d’information ignorées; doute semé sur sa formation à l’Institut de technologie agroalimentaire; tendance à l’ignorer et à l’isoler lors des activités sociales. Lise apprécie beaucoup Andrée, mais n’est pas prête à entrer dans son jeu d’intimidation. Il est impensable pour elle de travailler dans un environnement où les tensions ne sont pas abordées. Lise fait profiter son équipe de ses compétences relationnelles. Par ses habiletés, elle agit comme un levier dans la résolution du conflit.
Le vécu des employés de cette ferme n’est pas un cas isolé. Les dommages collatéraux, dont certains sont invisibles, sont multiples. Si je vous ai parlé de la violence sociale du président Trump en début de chronique, c’est qu’il est toujours plus facile de montrer du doigt les dérives des autres que d’analyser objectivement son propre comportement. Il serait peut-être temps de développer notre capacité d’introspection. Avons-nous un « p’tit côté trumpiste » qui sommeille en nous? Le premier pas consiste à cesser de blâmer l’autre et à se responsabiliser. Notre époque est génératrice de violence sociale, pouvant être amplifiée par les réseaux sociaux. Je vous invite à remettre en question vos comportements. Vous arrive-t-il de lancer des « dards » à des personnes de votre entourage? Lancer un dard, c’est semer le doute sur une personne, discréditer ses propos, médire contre elle parce qu’elle pense différemment de vous. Dans sa pratique, Rose-Marie Charest, ex-présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, intervenait avec des femmes et des hommes insatisfaits de leurs précédentes relations de couple. Elles ou ils avaient régulièrement tendance à se poser en victimes et à blâmer l’autre. La psychologue invitait alors les personnes à explorer en quoi elles avaient contribué à cette relation dite « abusive ».
Vous évoluez dans un environnement de travail contaminé par la violence sociale? Briser le silence est un premier pas! Demander de l’aide d’une travailleuse de rang peut vous aider à briser le cycle de la violence. Elle possède les compétences pour vous outiller sur le plan relationnel.
Besoin d’aide?
Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un de vos proches, contactez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Un intervenant en prévention du suicide est disponible pour vous 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
Pour l’aide d’un travailleur de rang, contactez le 450 768-6995 ou par courriel [email protected].