À coeur ouvert 7 février 2025

Êtes-vous accro à la porno?

Bander mou, mouiller sec, oui, c’est vulgaire pour commencer un texte. Oui, c’est malaisant de parler de santé sexuelle, mais je vous assure que l’on gagne à en parler ouvertement. Les dysfonctions sexuelles sont nombreuses et peuvent survenir à tout âge et à toute période de vie. Elles sont notamment influencées par notre environnement et le stress que nous subissons. Et en agriculture, disons que les périodes de stress sont assez… présentes! Néanmoins, vous commencez à connaître ma plume, j’ose aujourd’hui pousser encore plus loin le tabou en parlant de dépendance à la pornographie et des impacts que cela peut avoir, tant sur l’individu que sur le couple. 

Ne jouons pas à l’autruche, tout le monde a déjà vu des images à caractère pornographique, qu’elles soient sollicitées ou non (dans le cadre de publicités sur Internet, par exemple). Et oui, même les pages de brassières du fameux catalogue Sears peuvent compter. Les images à caractère sexuel sont partout, il suffit de vouloir le remarquer pour le confirmer. Qu’on veuille vous vendre un char ou de la bière, on vous montre une personne, généralement de sexe féminin, très peu vêtue. Martin Matte faisait bien « la job » pour vendre des Honda Civic, mais reste quand même que le corps féminin est, de tout temps, considéré comme le meilleur argument de vente, surtout pour la catégorie « gros pick-up ».

Je m’égare, revenons à nos moutons ou plutôt à nos paires de fesses.

Consommez-vous de la pornographie? Si oui, vous êtes-vous déjà questionné sur la fréquence par jour/semaine/mois de votre consommation et dans quel cadre elle avait lieu?

Est-ce qu’elle augmente lorsque vous êtes stressé, ennuyé ou que vous vivez une émotion inconfortable? Avez-vous déjà observé les incidences de votre consommation sur votre sexualité dans la « vraie vie »? Je sais qu’on véhicule souvent ce message, mais il n’en demeure pas moins que ce qui se passe dans les films pornographiques ne représente pas les ébats de la réalité. Toutefois, on sait qu’il y a une tendance à vouloir reproduire, à imiter ce qu’on a vu, au grand dam des hommes et des femmes qui se sentent pris dans le piège de la performance et qui voient l’atteinte de l’orgasme comme l’ultime finalité de la relation sexuelle. 

Est-ce que votre partenaire de vie est au courant de votre consommation? Si oui, comment trouve-t-il ou trouve-t-elle cela? Comment est votre communication sur vos besoins dans les sphères sexuelle, relationnelle et émotive? Beaucoup de personnes se tournent vers la pornographie, car elles ressentent de la difficulté à communiquer leurs besoins. À court terme, c’est vrai que ça peut faire « la job », mais à long terme, ça accentue grandement le problème. La recherche de satisfaction immédiate est comblée, mais le mal-être à la source n’est pas réglé. 

On sait qu’il y a un problème quand le fonctionnement quotidien est altéré et que cela génère de la détresse. Et ce n’est pas sans conséquences psychologiques et physiques : perte de désir pour son ou sa partenaire, isolement, difficultés à entrer en relation intime ou à atteindre l’orgasme, dysfonctions sexuelles, dépression, etc. Certaines études parlent même d’un dérèglement du cadre neuronal. 

En soi, la dépendance à la pornographie se traite de la même façon qu’une dépendance au tabagisme ou à l’alcool. Donc nul besoin de ramollir davantage, des solutions existent. Les sexologues, ça vous dit quelque chose? Sachez que ce sont les professionnels qui peuvent le mieux vous aider si vous êtes aux prises avec une dépendance à la pornographie. Ils et elles offrent des consultations individuelles ou en couple pour vous aider à retrouver une sexualité saine. Sans mauvais jeu de mots, la solution est à portée de main! Certes, il peut être difficile de faire le premier contact, mais je vous assure que vous aurez un service empreint de bienveillance et que vous vous en porterez mieux.   


Besoin d’aide?

Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un de vos proches, contactez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Un intervenant en prévention du suicide est disponible pour vous 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Pour l’aide d’un travailleur de rang, contactez le 450 768-6995 ou par courriel [email protected]