Bovins 27 janvier 2025

Un nouvel emplacement pour la Station génétique de la Beauce

La seule station d’évaluation de taureaux de boucherie regroupant plusieurs races de bovins encore en activité au Québec, la Station génétique de la Beauce, a un nouveau site. Et ce dernier se trouve toujours à Saint-Martin, à quelques kilomètres de son ancienne adresse.

C’est jour de pesée à Saint-Martin. Les premières bêtes ont fait leur arrivée le 4 octobre dernier. Issus d’élevages de 21 producteurs établis un peu partout au Québec, les 78 taureaux étaient alors âgés de 7 à 10 mois. Ils pèsent maintenant en moyenne 800 livres et subiront, d’ici leur mise à l’encan le 15 février prochain, une série de tests permettant de les comparer et de faire ressortir les meilleurs reproducteurs. Poids, quantité de gras, qualité de la semence, grosseur des pattes et tempérament font partie des éléments observés et mesurés par un vétérinaire et une agronome.

Issue d’une volonté des membres du Syndicat des producteurs bovins de la Chaudière-Appalaches, sections Nord et Sud, de se regrouper pour comparer leurs taureaux et en améliorer la génétique, la station a fait sa marque au cours du dernier quart de siècle. Elle a été opérée pendant 27 ans par Jean-Denis Morin, un producteur de bovins de Saint-Martin, mais l’annonce de sa retraite a forcé le collectif de producteurs à chercher un nouveau site, ce qui n’a pas été une mince affaire. « Quand il a annoncé sa retraite, soit il n’y avait plus de stations au Québec, soit on se regroupait pour trouver un lieu », résume François Poirier, président de la Station génétique de la Beauce.

Nous aurions pu trouver ailleurs dans la région, mais Simon-Pier est le seul qui a fini par nous dire oui et qui possédait les équipements nécessaires.

François Poirier, président de la Station génétique de la Beauce

Simon-Pier Lévesque opère lui-même une production de 1 500 bovins ici, à Saint-Martin. « Il a tout de même fallu modifier une ancienne ferme laitière et régler quelques problèmes avec l’Hydro, mais tout est maintenant rentré dans l’ordre », explique-t-il, soulagé. « La station, ça complète bien ma production. Je le fais aussi pour améliorer mon parc et pour la passion de la génétique », affirme-t-il sans hésiter.

En effet, si les producteurs bovins ont l’habitude de ces tests sur leurs taureaux, l’avantage d’une station est de pouvoir offrir un environnement avec des conditions contrôlées, comme l’alimentation. « Si tu penses que chez vous, t’as le meilleur taureau au monde, il se peut bien que tu te rendes compte avec la station que t’as pas nécessairement le meilleur en te comparant aux autres. Et puis, il y a des acheteurs qui, eux, veulent avoir ces données », explique François Poirier.

L’an dernier, les producteurs qui ont voulu vendre leur bête aux enchères après les tests ont obtenu en moyenne 5 135 $ pour chacune. Un montant duquel il a fallu déduire les coûts liés à l’opération de la station, car le tout ne se fait pas sans frais. Lors de la création des stations dans les années 1980, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) offrait une aide financière de 500 $ aux producteurs, qui était ensuite passée à 200 $ en 1996 avant d’être annulée en 2012. Un retrait que le MAPAQ explique par un transfert de « la responsabilité d’accompagnement technique vers le Centre de développement du porc du Québec ».

Depuis, la plupart des stations ont fermé, mais un retour de l’aide financière du MAPAQ ne serait pas nécessairement une mauvaise chose si certaines conditions sont réunies, selon les producteurs. « Il faudrait que toute la chaîne travaille en équipe et que les connaissances soient partagées à tous les niveaux, ce qui n’est pas toujours le cas », soutient François Poirier.

Les meilleurs taureaux de la station seront mis à l’encan le 15 février prochain. Un événement autour duquel les producteurs souhaitent créer un engouement. « Beaucoup de monde croit que la station est fermée depuis le départ à la retraite de Jean-Denis », soutient François Poirier.