À coeur ouvert 24 janvier 2025

Être volontaire, ça veut dire quoi? – 2e partie

Dans la dernière édition de La Terre, je terminais la première partie de cette chronique en nommant certaines exceptions au contexte volontaire de l’intervention et je souhaitais y revenir.

Lorsqu’il existe un risque imminent de suicide ou d’homicide, il est de notre responsabilité légale d’assurer la sécurité des personnes en premier lieu, et ce, même sans leur consentement. Attention, ce n’est pas le fait d’avoir des idées suicidaires qui annule le contexte volontaire, mais un ensemble de critères, notamment l’accessibilité du moyen et l’aspect imminent du passage à l’acte. Devant une telle situation qui met la vie d’une personne en danger, des services d’urgence peuvent être mis en place afin d’aider la personne en détresse. 

Soyez assurés, cela dit, que cette mesure est prise vraiment rarement (je n’ai eu à l’utiliser qu’une seule fois dans toute ma carrière). C’est une loi d’exception utilisée en dernier recours; les services de crise essayeront toujours d’avoir votre collaboration. Par ailleurs, aussitôt le risque de menace à la vie résorbé, vous retrouvez tous vos droits. 

Pour la grande majorité des situations, cette loi ne s’applique donc pas et une personne peut toujours refuser l’aide proposée. Puisque l’entourage remarque souvent lorsqu’une personne ne va pas, il est fréquent que ce soit les proches qui lèvent les drapeaux rouges en premier. Si vous avez une perception différente de la situation, aucun souci! Notre échange aura permis qu’on se connaisse et vous saurez où cogner si les choses devaient changer. 

Si, par ailleurs, vous aviez envie d’essayer une première rencontre pour voir ce que vous pouvez en retirer, sachez qu’on tentera toujours de considérer ce que vous voulez, indépendamment de ce que vos proches peuvent voir de la situation. Quels sont vos besoins actuellement? Comment vivez-vous la situation? Il se peut aussi que plusieurs enjeux soient présents en même temps et que vous soyez volontaire pour réfléchir sur certains d’entre eux et non-volontaire pour d’autres. Nous respecterons également ces limites bien légitimes. Le seul capitaine à bord, c’est vous! 

Entre parenthèses, il existe une situation assez fréquente lors de suivis familiaux, soit l’attente qu’on « fasse comprendre » quelque chose aux autres membres impliqués.

Tout le monde se dit volontaire, mais on réalise parfois dans la préparation de ces rencontres que tout le monde est surtout volontaire… pour reprocher des choses aux autres, sans vraiment se remettre en question.

N’ayez crainte, c’est humain. Et c’est quand même le début d’une communication. On voudra cependant s’assurer que la personne est disposée à recevoir ces commentaires, tout comme nous le serons ensuite pour entendre son point de vue. Le côté volontaire signifie ici une certaine implication dans le processus.

Complexe, tout ça? Retenez seulement que si vous vous inquiétez pour quelqu’un, continuez de nous appeler. Nous savons qu’il est difficile de s’inquiéter pour un proche et nous pouvons vous soutenir dans cette situation, en vous offrant un espace pour ventiler, en vous donnant des outils, des trucs ou des noms de ressources. 

Si vous êtes la personne qui vivez des difficultés et ne voyez pas la pertinence de nous appeler, posez-vous ces questions : Est-ce parce que c’est inconnu, nouveau, gênant? Croyez-vous qu’on pourrait ne pas comprendre, ou vous juger? Ou ce n’est tout simplement pas ce qui répond à votre besoin actuellement, ou le bon moment? Faites confiance en votre jugement. Nous serons ravies de pouvoir discuter avec vous, mais serons également respectueuses de votre choix. Si votre analyse vous fait dire que ce n’est pas ce qu’il vous faut, discutez-en avec vos proches s’ils vous mettent de la pression. En intervention, il n’y a pas de recette unique; nous sommes confiantes que vous pouvez trouver la vôtre!   


Besoin d’aide?

Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un de vos proches, contactez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Un intervenant en prévention du suicide est disponible pour vous 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Pour l’aide d’un travailleur de rang, contactez le 450 768-6995 ou par courriel [email protected]