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S'abonner maintenantL’ardoise a déjà été considérée comme la pierre des pauvres pour recouvrir les toits. À cette époque, le bardeau de cèdre et la tôle étaient ses principaux concurrents. Son statut a changé depuis. L’opinion commune en fait un matériau réservé aux toits des résidences valant plus d’un million de dollars. C’est toutefois ignorer que cette pierre imperméable et inusable a plusieurs autres vocations.

« L’ardoise posée sur un plancher ou sur un toit peut coûter moins de 5 $ le pied carré, selon le format choisi, assure-t-il. Il faut toutefois plus d’attention et de précautions parce que l’épaisseur des tuiles peut varier un peu contrairement à la céramique, qui est moulée. »
Engouement
C’est l’engouement pour les pierres naturelles qui a amené M. Labbé à fonder son entreprise ardoisière en 1998. Dix ans plus tard, après avoir épuisé le gisement sis à Bromptonville, Ardobec a déménagé ses pénates à Asbestos, où elle exploite une mine située à quelques dizaines de mètres de l’énorme cratère laissé par l’extraction de l’amiante.

Ce gisement ne fournit pas l’ardoise utilisée sur les toits. Ardobec s’organise toutefois pour offrir cette option à ses clients. « Chaque carrière a ses particularités, explique M. Labbé. L’ardoise que nous extrayons ici se prête à la construction de murets, au revêtement de planchers et de murs ainsi qu’à l’aménagement paysager. » L’entreprise vend ses produits au Québec, en Ontario et dans les Maritimes.
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Ardoisons un peu…
L’ardoise, une roche qui appartient à la famille des schistes, est constituée de dépôts très anciens d’argile comprimée par d’autres dépôts au cours de millénaires. Elle se présente sous diverses textures, résistances et couleurs (noir, gris, vert, rouge ou violet). Elle se compose de plusieurs couches superposées, aussi appelées litages, ce qui la rend facile à diviser.
L’ardoise est utilisée depuis l’Antiquité comme tuile à toiture. Ce matériau est arrivé au Canada en provenance de la France, de l’Angleterre ou de l’Écosse afin de recouvrir des toits de couvents et d’autres institutions. Puis, la tôle de fer blanc l’a supplanté et a gagné la faveur des constructeurs jusque vers le milieu du XIXe siècle. L’ardoise a alors reconquis ses lettres de noblesse grâce à des importations à coût abordable de la Nouvelle-Angleterre. La découverte de carrières dans les Cantons-de-l’Est a suscité un nouvel engouement. Leur exploitation a duré de 1854 environ jusqu’en 1923, selon le ministère québécois des Ressources naturelles. Le Témiscouata, dans le Bas-Saint-Laurent, est l’autre région où l’on extrait de l’ardoise au Québec. Il s’agit d’ardoise gris acier de la Formation de Témiscouata servant surtout à la production de tuiles à toiture.
Au Québec, la plupart des couvertures d’ardoise sont concentrées à Montréal et dans des municipalités estriennes comme Danville et Kingsbury. Oubliée durant des décennies, l’ardoise est revenue à la mode vers 1995 grâce à l’enthousiasme populaire à l’égard des pierres naturelles.

