Économie 18 mars 2022

Manque accru d’abeilles pour la pollinisation dans les bleuetières

Des producteurs de bleuets craignent des pertes de rendement la saison prochaine en raison d’un manque accru d’abeilles pour la pollinisation.

« On s’attend à avoir plus de pertes d’abeilles ce printemps que la normale, mais il est trop tôt pour donner un chiffre », indique Raphaël Vacher, président des Apiculteurs et apicultrices du Québec, qui fait entre autres référence à des difficultés à faire face au varroa l’automne dernier, un ravageur qui peut générer beaucoup de mortalité durant l’hiver. À cela, s’ajoutent des obstacles depuis quelques années à l’importation de paquets d’abeilles et de reines pour combler les pertes, notamment en raison de la pandémie. « On envoie environ 30 000 ruches au Saguenay–Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord d’habitude pour la pollinisation. Cette année, si on en envoie 24 000, c’est beau », indique M. Vacher.

Le président du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec, Nicolas Pedneault, explique de son côté que le vieillissement des bleuetières et l’augmentation des superficies de culture provoquent une croissance des besoins en pollinisation depuis déjà quelques années. En contrepartie, l’offre de ruches est stagnante. « Il y en aura moins et on en manquait déjà. On pense qu’il y aura plus d’achats de bourdons pour pallier ça », dit-il, soulignant que cette solution n’est toutefois pas optimale pour plusieurs producteurs, qui disent observer un meilleur rendement avec les abeilles qu’avec d’autres insectes pollinisateurs.

Le miel est payant

D’autres facteurs pourraient contribuer au manque de ruches dans les bleuetières en 2022. La valeur élevée du miel sur le marché canadien, à titre d’exemple, pourrait inciter des apiculteurs à délaisser la pollinisation et à miser davantage sur la production, croit M. Vacher. « Ça se vend à 3 $/livre, alors qu’il s’élevait pendant longtemps à 1,75 $/livre, illustre l’apiculteur d’Alma. Depuis que je suis en apiculture en 2006, je n’ai jamais vu un prix comme ça. »

En guise de solution, des demandes ont par exemple été faites auprès d’apiculteurs du Manitoba pour que des ruches et des nucléi soient envoyés dans les bleuetières du Québec la saison prochaine. À moyen terme, des efforts seront aussi déployés pour encourager la production de reines et de nucléi au Québec, afin que la province soit moins dépendante de l’importation.