Marc-Antoine Paquet en compagnie de son père Firmin et de son grand-père Antoine, de qui il suit les traces dans la production céréalière. Photos : Gracieuseté de la famille Paquet
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S'abonner maintenantLa Ferme céréalière Paquet, de Sainte-Florence, dans le Bas-Saint-Laurent, passe aux mains de la quatrième génération, alors que Marc-Antoine Paquet prend le relais de son père, Firmin. Ces dernières années, l’entreprise familiale a multiplié les investissements pour diversifier ses activités et améliorer sa productivité.

Il y a déjà cinq ans que Marc-Antoine, 29 ans, travaille à temps plein à la ferme fondée par son arrière-grand-père qui était producteur laitier. « C’est à la suite d’un incendie survenu dans les années 1970 que mon père a décidé de se lancer dans la production céréalière », explique Marc-Antoine Paquet.
Ce dernier ne sera pas seul à prendre la relève puisque son frère, Pierre-Olivier, 25 ans, se joindra à lui dans quelques années. Agronome de formation, il a décidé de prendre de l’expérience en dehors de la ferme familiale avant de venir l’appuyer. En attendant, Marc-Antoine Paquet et son père, qui envisage de prendre sa retraite dans cinq ans seulement, se partagent les tâches. Le premier s’occupe des opérations et des travaux aux champs, alors que le paternel voit à la gestion de l’approvisionnement en grains et planifie les séquences de criblage. Sa mère, Margot Tremblay, est aussi active dans l’entreprise. Elle est entre autres responsable de la comptabilité et de l’épuration aux champs.
Une production multigrains
Blé, orge, sarrasin, avoine… La Ferme céréalière Paquet cultive actuellement pas moins de 18 variétés de grains sur 263 hectares de terrain. En 2019, elle s’est aussi lancée dans la culture de quinoa biologique. « C’est une protéine végétale qui a une bonne valeur marchande et qui est prisée des Québécois. Il s’agit d’un marché de niche qui aide à rentabiliser la terre », explique Marc-Antoine Paquet.
À la première année, il a consacré un hectare à la culture de quinoa. « La récolte a été très bonne », dit-il. Un succès qui ne s’est malheureusement pas répété en 2020 en raison d’une infestation d’insectes qui a affecté une bonne partie des grains en culture. « On avait planté du quinoa sur huit acres [3,2 hectares] que j’ai finalement fauché », révèle Marc-Antoine Paquet, qui a préféré ne pas récidiver en 2021. Il n’abandonne pas le projet pour autant et prévoit semer à nouveau en 2022. « La demande est là, on veut en profiter », dit-il.
Nouveau centre de criblage
Ces derniers mois, son père et lui ont été accaparés par un important projet d’investissement : la construction d’un nouveau centre de criblage qui permettra d’augmenter la capacité de production. La réputation des Paquet comme experts du criblage va bien au-delà de la Matapédia. « Chaque année, on augmente le nombre de producteurs avec qui on fait affaire, explique Marc-Antoine. On en compte aujourd’hui une vingtaine qui sont présents sur un territoire allant de Bonaventure à Trois-Pistoles. »
Le nouveau centre de criblage, qui a nécessité un investissement de 750 000 $, sera opérationnel en 2022. Il sera doté d’équipements spécialisés pour l’opération criblage qui permettent de sélectionner juste les bonnes semences. À l’heure actuelle, la ferme compte 22 silos à grains pour une capacité d’entreposage de 1 500 tonnes.
C’est dans les années 1980 que la Ferme céréalière Paquet s’est spécialisée en criblage de semences. « C’est mon grand-père qui a décidé de diversifier les activités de la ferme. Cela nous permet de sécuriser les revenus », explique Marc-Antoine. Son grand-père, Antoine, toujours en forme malgré ses 93 ans, a suivi de près la construction du nouveau bâtiment. En effet, il vient quotidiennement faire son tour à la ferme. Et il n’a pas perdu l’œil. « Au printemps, il arpente les champs et nous dit quand c’est le temps de semer », raconte en riant Marc-Antoine, qui se sent privilégié de pouvoir compter encore sur sa présence.
Le jeune producteur a d’autres projets de développement en tête, dont l’acquisition d’un trieur optique capable d’identifier les mauvaises herbes par formes et par couleurs. « On va gagner en efficacité comparativement au tri manuel. C’est parfois difficile de faire la différence entre une mauvaise herbe et une plante de la même couleur. Cet équipement peut identifier une quarantaine de couleurs dans ses différentes nuances », dit-il.
Transfert de propriété
Le transfert de propriété entre le père et le fils s’amorcera sous peu. Conscient des difficultés pour les jeunes d’acquérir une ferme alors que la valeur des terres agricoles est en forte hausse, Firmin Paquet a négocié un prix avantageux pour sa relève. « C’était important pour lui qu’elle reste dans la famille. Il voulait aussi s’assurer de léguer une ferme rentable », conclut Marc-Antoine.
Sylvie Lemieux, collaboration spéciale
Cet article a été publié dans l’édition de janvier 2022 de notre cahier Grains.