Le pauvre rendement des premières fauches de l’été a créé de grands besoins de fourrage pour les producteurs laitiers en vue de l’hiver prochain. Photo : Archives / TCN
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S'abonner maintenantAux prises avec des récoltes décevantes de fourrages, les producteurs laitiers pourraient acheter directement chez des producteurs de maïs-grain près de chez eux une partie de leur production pour nourrir leurs troupeaux, l’hiver prochain. Un outil sera bientôt disponible pour mettre en œuvre cette solution peu commune.

« À ce jour, peu de producteurs laitiers ont envisagé cette option-là. C’est pourtant une solution gagnante pour tout le monde », affirme l’agronome Jean Brisson, de Lactanet. Cet organisme se veut la référence en matière d’innovation pour les producteurs et l’industrie laitière.
Anxieux devant la maigreur de leurs fauches en début d’été, des producteurs auraient payé en juillet jusqu’à 380 $ la tonne pour acheter du foin de l’Ouest, soit presque le double du prix normal, observe M. Brisson. D’un autre côté, les producteurs de grains, eux, voient les prix à la baisse en raison des prévisions de récolte record aux États-Unis.
Or, selon l’agronome, chacun pourrait trouver son profit si le producteur laitier allait récolter et ensiler chez son voisin suffisamment de maïs-grain pour passer l’hiver. La valeur de la récolte serait calculée grâce à un outil développé par Lactanet, dont le lancement est prévu à la fin du mois d’août.
M. Brisson admet que cette solution n’est pas possible pour les producteurs laitiers qui ne font pas de l’ensilage. « Mais si la moitié peut le faire, cela laissera du foin aux autres. »
Outre les économies possibles, cette solution offre aussi un plus grand contrôle de qualité. « Les risques de ne pas en avoir pour son argent sont plus élevés quand on achète sur Internet », souligne le consultant.
Une bonne option
Cette solution plaît à Martin Caron, premier vice-président de l’Union des producteurs agricoles (UPA). À ce propos, il souligne que des producteurs de grains, voyant que leurs champs ne peuvent arriver à maturité en raison de la sécheresse, préfèrent transformer leur récolte en maïs d’ensilage pour l’offrir à des propriétaires de troupeaux de leur région. « Je vois ça dans ma région, en Mauricie », dit-il.
Ces volumes de maïs d’ensilage pourraient être échangés à travers le site Web https://www.upa.qc.ca/fr/secheresse2020 mis en place par l’UPA, ajoute M. Caron.
De leur côté, les Producteurs de grains du Québec (PGQ) attendent de voir l’outil qui sera proposé par Lactanet pour juger de la solution prônée par M. Brisson. Ils invitent néanmoins leurs membres à étudier la possibilité de produire, après la récolte des céréales à paille, des cultures qui pourraient servir de fourrages dans le contexte de la pénurie de foin.