La Ferme expérimentale de Normandin souffle ses 75 bougies

La Ferme du Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures (CRDSGC) dresse un bilan après 75 ans d’existence.

03 août 2011
par Mathieu Simard - Cultures

C’était en 1936. Agriculture Canada construisait une ferme expérimentale à Normandin, au nord du Lac-Saint-Jean. À ce moment, le Canada comptait cinq centres de recherche et avait comme volonté de couvrir l’ensemble des environnements géoclimatiques du territoire. « Le Canada constitue un pays vaste et diversifié. En agriculture, ce qui est vrai au sud-ouest de Montréal, dans les terres noires, ne l’est pas nécessairement au Saguenay », lance le directeur scientifique du CRDSGC, Claudel Lemieux.

C’est cette ligne de pensée qui a guidé Agriculture Canada dans l’implantation d’une ferme expérimentale à Normandin, où les variations climatiques sont prononcées. « Le fait de posséder des tentacules dans les régions les plus nordiques ne peut être que favorable aujourd’hui. Surtout dans un contexte de changements climatiques », ajoute M. Lemieux.

Au départ, Normandin était une ferme à vocations multiples et couvrait plusieurs productions animales et toutes les productions végétales. En 1992, la filière animale a été abandonnée et concentrée dans deux fermes au Canada : « Ça nous a permis de focaliser sur certaines cultures comme les grains, le canola et les plantes fourragères », raconte M. Lemieux.

La ferme emploie aujourd’hui 25 personnes, dont quatre chercheurs, ce qui représente une masse salariale d’environ un million de dollars. Le complexe qui abrite le centre comprend entre autres trois laboratoires, une bibliothèque, une salle de conférence, des bureaux, une section consacrée à la machinerie, des chambres à température contrôlée et des séchoirs. Le tout, situé sur un terrain de 145 hectares.
Parmi les percées réalisées dans les dernières années, la Ferme Normandin est responsable de l’apparition du canola dans les paysages de la région : « Nos chercheurs ont été les pionniers de l’implantation et de la promotion des techniques de production du canola lorsqu’ils ont découvert que la plante se prêtait bien au climat frais et humide de la région », explique M. Lemieux. Outre les avancées au niveau de l’adaptation des cultures, les recherches réalisées à Normandin auront aussi permis d’en apprendre davantage sur certaines maladies, dont la hernie.

La constante évolution de l’agriculture a provoqué l’apparition de nouveaux centres de recherche au pays. Le nombre de centres dédiés à l’agriculture est passé à 19, mais la Ferme Normandin ne s’est pas retrouvée isolée. Elle fait toujours partie du réseau, mais se trouve maintenant affiliée au Centre de recherche de Québec. Elle a aussi conservé son mandat de recherche sur les sols en environnement et les grandes cultures. « Assurément un plus pour la région », conclut M. Lemieux.

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