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Le sol est friable lorsqu’il est impossible de former des mottes avec les mains. Photos : Archives/TCN

Le sol est friable lorsqu’il est impossible de former des mottes avec les mains. Photos : Archives/TCN

Travail du sol : garder l’œil ouvert

Ce printemps, les producteurs devront « marcher leurs champs » pour constater l’étendue des dégâts engendrés par une récolte 2019 difficile. L’objectif?  Trouver la meilleure façon de préparer un bon lit de semence selon le type de sol et la culture, sans causer davantage de dommages dans leurs champs.

« Cette année, ce sera très important d’aller au champ avec son conseiller pour faire un bon diagnostic et orienter l’intervention qu’on va faire ensuite », lance d’emblée l’ingénieur agronome et professeur-chercheur pour Biopterre, Vincent ­Lamarre.

Selon lui, les producteurs devront garder l’œil ouvert pendant la fonte des neiges. Ils devront observer l’état général du terrain et comment l’eau s’infiltre dans la terre. Au fil des jours, ils pourront suivre l’assèchement et la température du sol.

« Il n’y a pas de recette magique. C’est du cas par cas. Ces observations-là vont permettre d’aiguiller le producteur et l’aider à décider quelles interventions il va faire selon les conditions de son terrain », explique M. Lamarre. 

Peu importe le type de sol, les interventions au champ devraient être faites seulement lorsque la terre est friable, indique l’agronome, puisqu’un sol bien sec est moins fragile et n’adhère pas aux outils. « On prend la terre dans notre main et il faut être capable de briser les agrégats de sol sans que ça mouille nos doigts. »

Ce printemps, les producteurs devront observer l’infiltration de l’eau et attendre que la terre soit bien sèche avant d’y faire des travaux.

Ce printemps, les producteurs devront observer l’infiltration de l’eau et attendre que la terre soit bien sèche avant d’y faire des travaux.

Prudence avec les sols lourds

Les producteurs qui cultivent dans un sol argileux devront être patients. Ce type de sol, qui a tendance à être plus humide au printemps, s’assèche et se réchauffe plus lentement. Il est donc plus fragile au passage des outils.

L’agronome Vincent Lamarre conseille d’utiliser une déchaumeuse à disques qui fera un travail d’émiettement du sol en surface sans occasionner de bourrages.

« Une déchaumeuse qu’on passe au printemps dans de l’argile, ça se fait, mais ça prend des précautions », ajoute pour sa part l’agronome et conseiller au Club-conseil Agri-Action de la Montérégie, Carl Bérubé. Il rappelle l’importance d’attendre que le sol soit bien friable. 

Le spécialiste conseille plutôt d’opter pour le semis direct. C’est ce qui, selon lui, limitera le plus les dégâts au champ. « Même si c’est plus compliqué, un sol lourd qui aurait été respecté historiquement est propice à cette pratique culturale », soutient-il. 

Peu importe la stratégie qui est choisie, le producteur devra attendre que les conditions soient favorables avant de retourner travailler au champ. « Au printemps, les fenêtres d’intervention ne sont pas très grandes, surtout dans un sol argileux. On a tendance à forcer la note », prévient Vincent Lamarre. D’où l’importance, dit-il, de faire une bonne analyse de la situation avec son conseiller. 

Le travail selon la culture

Que ce soit pour faire du soya, des céréales ou du maïs, le lit de semence est semblable. Le labour printanier dépend donc davantage des conditions de sol que de la culture. Selon l’agronome Carl Bérubé, il y a toutefois quelques exemples et contre-indications selon les cultures dans la rotation.

Après un retour de soya, le travail de printemps est tout à fait envisageable sans trop de conséquences sur la santé des sols. « C’est assez facile de faire un travail de printemps sur un retour de soya, si par exemple on va semer du maïs », illustre Carl Bérubé.

Il n’y a pas non plus de contre-­indications au travail printanier dans le cas d’un retour de culture de couverture. « Il faut quand même être prudent, parce que la culture de couverture, ça peut faire une méchante couche peu perméable et peu favorable à l’assèchement. Il faut être patient dans ce cas », affirme M. Bérubé.

Il est plus difficile de faire un travail de printemps sur un retour de maïs, selon lui. « C’est un exemple extrême, mais quelqu’un qui fait du maïs sur un chaume de maïs aura de la misère à faire un travail de sol au printemps, parce qu’il y aura beaucoup de résidus à la surface. »