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Passé entre 4 et 8 heures après la fauche, ce « surconditionneur » agit un peu comme les anciennes laveuses à tordeur qui pressaient le linge pour l’essorer. Photos : Gracieuseté Machinerie Pronovost

Passé entre 4 et 8 heures après la fauche, ce « surconditionneur » agit un peu comme les anciennes laveuses à tordeur qui pressaient le linge pour l’essorer. Photos : Gracieuseté Machinerie Pronovost

Séchage du foin au champ : un oscar pour le Macerator!

Avec les aléas météorologiques, plusieurs producteurs cherchent à assécher le foin au champ en deux jours au lieu de trois, afin de l’amener à une teneur en humidité convenant au bétail. Conçu il y a plusieurs années par Agriculture et Agroalimentaire Canada et le MAPAQ, le Macerator remporte aujourd’hui la palme à ce chapitre en offrant un fourrage de qualité qui répond aux besoins des producteurs laitiers et des commerçants.

Selon Stéphan Dubé, représentant de Machineries Pronovost pour le Québec, si on rentre le foin en 48 heures au lieu de 72, c’est une journée de moins d’exposition au soleil et à l’humidité permettant une meilleure qualité du foin. C’est le but premier du Macerator.

Une laveuse à tordeur

Passé de 4 à 8 heures après la fauche, ce « surconditionneur » agit un peu comme les anciennes laveuses à tordeur qui pressaient le linge pour l’essorer. Ainsi, la macération s’effectue entre les deux rouleaux d’acier cannelés, celui du haut fonctionnant à une vitesse un peu différente de celui du bas.

« Nos rouleaux ne se touchent pas, explique M. Dubé. Les deux cylindres en caoutchouc à l’avant retiennent et aplanissent l’andain. Ils virent à la même vitesse et dirigent l’herbe à l’arrière vers les deux rouleaux en acier texturé qui fendillent et entaillent la tige. Ces derniers tournent plus vite que les rouleaux de caoutchouc, mais à trois vitesses de rotation différentes. »

Cette action permet à l’humidité de s’échapper plus rapidement qu’avec un équipement conventionnel, réduisant ainsi le temps de séchage au sol et la dégradation. De plus, une exposition réduite au soleil favorise notamment la préservation des nutriments et de la couleur verte. L’équipement n’est toutefois pas recommandé pour les légumineuses.

« La macération aide à assouplir le foin et expose davantage le sucre de la plante tout en préservant le contenu en protéines, ajoute le représentant de Machineries Pronovost. Ces propriétés rendent le foin beaucoup plus nutritif et améliorent sa digestibilité. Plus l’aliment sec est de bonne qualité, moins on a besoin d’intrants. »

En éliminant la pellicule de cire sur la tige, le Macerator empêche également la poussière de s’y agglutiner, ce qui permet de produire un foin idéal pour l’alimentation des chevaux.

« Quand la balle est passée au Macerator, conclut Stéphan Dubé, la tige se trouve à être exempte de cire, donc plus mince parce qu’un peu écrasée. Le foin macéré fait en sorte qu’on peut en mettre plus dans une même balle, d’où l’intérêt de le vendre en matière sèche plutôt qu’en balle tout court. Ainsi, on peut gagner sur deux plans : l’espace d’entreposage et le coût de transport. »

Entretien

Une fois le travail terminé, il faut bien laver la machine pour s’assurer qu’il n’y a pas de cire sur les rouleaux. Tous les points de graissage sont clairement indiqués. À la fin de la saison, on enlève l’air; on s’assure également qu’on a bien retiré l’herbe et que la machine est bien graissée.

On estime que plus de la moitié des producteurs de foin de commerce se servent de cet équipement qui ne semble pas avoir d’équivalent sur le marché. Alors qu’une faucheuse-accélérateur peut faire gagner de 20 à 25 % du temps de séchage, le Macerator permet d’en obtenir environ 50. Son coût est estimé à moins de 40 000 $. 

Roger Riendeau, journaliste