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Un fourrage de moins bonne qualité influence la performance des animaux et peut se répercuter sur la profitabilité de la ferme. Photo : Archives / TCN

Un fourrage de moins bonne qualité influence la performance des animaux et peut se répercuter sur la profitabilité de la ferme. Photo : Archives / TCN

Reconnaître le bon moment pour une première coupe

S’il est vrai que le choix de la régie de coupe est déterminant pour une entreprise, la première coupe l’est encore plus. Mais comment déterminer le moment optimal pour récolter? Voici les outils qui peuvent aider les producteurs de plantes fourragères dans leur prise de décision.

« La première coupe est celle qui a le plus fort potentiel de rendement, jusqu’à 40 % de la production totale, mais il s’agit de la coupe qui présente le plus de risques de perte de qualité s’il y a un délai dans la récolte », ­rappelle Maxime Leduc, agronome et consultant.

Cette donnée n’est pas à prendre à la légère, considérant qu’un fourrage de moins bonne qualité influence la performance des animaux et peut se répercuter sur la profitabilité de la ferme. Heureusement, quelques outils permettent aux producteurs d’estimer la valeur nutritionnelle des plantes fourragères pour déterminer la bonne fenêtre de coupe.

Échantillonnage et analyse par infrarouge

Cette méthode, qui nécessite la présence d’un conseiller, consiste à utiliser un quadrant dans le champ, à prélever un échantillon et à l’envoyer dans un laboratoire à des fins d’analyse. On connaîtra ainsi la teneur en fibre au détergent neutre (NDF), en fibre au détergent acide (ADF) et en protéines brutes des fourrages. « Cette technique est peu applicable en conditions commerciales, car elle est dispendieuse, analyse Maxime Leduc. Cependant, on peut avoir recours à l’échantillonnage lorsqu’on veut valider la déficience de certains minéraux ou des micronutriments pour faire un meilleur ajustement de la fertilisation des prairies. »

Modèle mathématique PEAQ

Le PEAQ (Predictive Equation for Alfalfa Quality) est un modèle mathématique provenant des États-Unis qui permet de prédire la concentration de NDF dans la luzerne pure. À l’aide d’une règle, le producteur mesurera la hauteur maximale de la luzerne et son stade maximal de croissance. En fonction de ces deux mesures, le producteur se référera ensuite à un tableau indiquant les prédictions de la NDF. « Cette méthode permet aussi de prédire la concentration de NDF dans la luzerne mélangée avec des graminées, mais il est très important de connaître les proportions de chaque espèce, idéalement en faisant un décompte puisque les graminées de très bonne qualité possèdent plus de NDF que la luzerne seule », précise Maxime Leduc. Le Centre de référence en agriculture et en agro­alimentaire du Québec (CRAAQ) a d’ailleurs lancé NUTRI-Fourrager, un outil utilisant ce modèle, mais adapté aux conditions de la province. 

Agrométéo

Le site Agrométéo fournit plusieurs données utiles aux producteurs de plantes fourragères comme les degrés-jours, l’indice d’assèchement, des indicateurs de rendement et de valeur nutritive pour la fléole des prés et le cumul des degrés-jours depuis la dernière coupe estivale. « Cependant, les données d’Agrométéo ne suffisent pas puisque le stade de maturité des plantes est sensible à d’autres ­facteurs. Il est donc important de combiner ces données à la méthode PEAQ et de marcher sur le champ. »

Enfin, il est recommandé aux producteurs de planifier aussitôt que possible la régie de coupe avec leur agronome responsable du troupeau et du champ et de ne pas attendre à la dernière minute pour assurer l’entretien des équipements de coupe. 

Pour en apprendre plus sur les systèmes fourragers, participez aux webinaires hebdomadaires de l’agronome Maxime Leduc.

https://www.facebook.com/MaximeLeducPhDAgr/ 

https://www.craaq.qc.ca/