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Le centre de recherche de Coteau-du-Lac, lors d’une journée portes ouvertes, le 12 septembre 2018. Photo : Gracieuseté

Le centre de recherche de Coteau-du-Lac, lors d’une journée portes ouvertes, le 12 septembre 2018. Photo : Gracieuseté

Prendre les bonnes décisions dans le choix du maïs

Devant la multiplication sans cesse croissante des cultivars offerts, comment choisir le type de maïs qui convient le mieux à son exploitation? Sélectionneur de maïs pour Corteva Agriscience et chercheur à la station de recherche de Coteau-du-Lac, Jean-Marc Montpetit était conférencier lors de l’événement Toujours mieux 2020 de Pioneer, au Centrexpo Cogeco Drummondville, le 25 février.

Ses trois principales recommandations à l’intention des agriculteurs : suivre la maturité des hybrides, faire des essais et tenir des registres, et valider ses hypothèses, c’est-à-dire vérifier les essais qui ont fonctionné.

Selon lui, les agriculteurs doivent avant tout éviter deux erreurs, soit celle de ne pas être suffisamment sélectifs en adoptant des cultivars qui ne fonctionneront pas; ou au contraire, d’être trop sélectifs en évitant de considérer une méthode ou un cultivar qui aurait pu être un bon choix.

Au centre de recherche de Coteau-du-Lac, Jean-Marc Montpetit travail­le à améliorer le maïs, à concevoir des ­hybrides et des lignées consanguines, de même qu’à assurer le progrès des produits. Chaque année, sur 40 000 géno­types différents de maïs, il en choisit 10 %, soit 4 000, qu’il entreprend d’étudier et de sélectionner. Avec la quantité phénoménale de données à sa disposition, le chercheur a pu observer qu’avec le temps, les hybrides ne se comportent pas d’une manière uniforme.

« Il ne faut pas oublier que nous ­travaillons avec du vivant, avec différents génotypes qui interagissent selon l’environnement et selon les traitements qu’ils subissent », rappelle-t-il.

Selon lui, l’avenir du maïs passe par ­l’intelligence artificielle. Des projets de modélisation de croissance de cette céréale, ayant recours aux marqueurs moléculaires qui permettent d’établir des rendements selon le génotype, et utilisant de nouveaux outils comme des drones qui survolent les plantations, produisent une surabondance de données.

Tellement de données qu’on doit avoir recours aux méthodes d’analyse statistique et informatique de l’intelligence artificielle pour aider à une prise de décision minimisant les erreurs et maximisant la rentabilité.

Semer au bon moment

Héritabilité, répétabilité, espacement des nœuds, teneur en eau, hauteur des plants, relation entre maturité et rendement, sont quelques-uns des facteurs dont on doit tenir compte dans le choix d’un cultivar; certains hybrides sont plus à risque alors que d’autres sont sécuritaires. M. Montpetit compare ce choix de grains à la gestion d’un portefeuille de placements. « Est-on un investisseur agressif prêt à prendre des risques ou préfère-t-on investir dans les obligations et se contenter d’un rendement assuré, mais un peu moins élevé? » demande-t-il.

Une chose est sûre : avec 55 à 65 jours entre la floraison et sa maturité physiologique, le maïs doit fleurir en juillet. « Si le maïs ne fleurit pas en juillet, ça va mal », assure M. Montpetit, ajoutant du même coup qu’un plant de maïs perd 0,5 % de teneur en eau par jour dès le début d’octobre.

La date des semis a aussi un effet sur les revenus : quatre hybrides, hâtifs ou tardifs, semés à cinq intervalles de temps vont offrir des résultats fort variables et des qualités de grains assez différentes. Aussi, semer deux hybrides en bandes alternées permet d’apprendre plein de choses. « Il importe de comprendre la stabilité des hybrides, de suivre leur maturité et de ne pas oublier que nous travaillons avec du vivant, de la matière vivante », conclut-il. 

Daniel Rancourt, collaboration spéciale