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Utilisé par les Japonais dans la préparation d’un déjeuner traditionnel, le soya natto produit au Québec est de plus en plus demandé, souligne Hicham Fram de Ceresco.

Utilisé par les Japonais dans la préparation d’un déjeuner traditionnel, le soya natto produit au Québec est de plus en plus demandé, souligne Hicham Fram de Ceresco.

Les soyas vedettes de 2023

Grains a interviewé 14 semenciers et vous présente leurs témoignages sur les deux soyas qu’ils jugent les plus intéressants pour 2023. Vous voulez en savoir plus? Pour obtenir plus de détails techniques sur ces hybrides, rendez-vous au laterre.ca/soya-prometteurs-2023. 


Stéphane Myre, de Dekalb

Stabilité et constance sont les deux qualités qui caractérisent le mieux le DKB06-76 (2 700 UTM), un soya issu d’une nouvelle génétique introduit cette année dans les champs, mais qui entrera sur le marché en 2023 à une plus grande échelle, explique Stéphane Myre, agronome pour le sud du Québec chez Bayer CropScience. Le DKB06-76, qui offre une tolérance acceptable à la moisissure blanche et une résistance au nématode à kyste du soya, se présente avec une très bonne émergence au départ et une bonne vigueur par la suite. « C’est une variété d’automne, de hauteur moyenne, recommandée pour tous les types de sols et adaptée pour le semis direct. » Avec le DKB11-51 (2 850 UTM), Stéphane Myre parle d’une valeur sûre chez Dekalb. « Ça fait partie de nos tops, une des variétés les plus performantes sur le marché pour les régions du sud et du centre du Québec, la Montérégie en allant vers le sud-ouest. C’est une variété qui performe de façon constante, autant au niveau de nos essais que dans les champs, et qu’on vend à grande échelle. » Le DKB11-51 se caractérise par sa hauteur de moyenne à haute. Plutôt buissonnant, il est adapté pour tous les types de sols et le semis direct et offre une bonne tolérance à la moisissure blanche.


David Proulx, de Semences RDR

Développé par Céréla et vendu exclusivement par Semences RDR, le Raymond (2 450 UTM) est une variété hâtive, idéale pour les producteurs bio qui veulent semer du blé d’automne. « C’est un soya que les producteurs du Centre-du-Québec et de Saint-Hyacinthe vont sortir à la fin septembre ou début octobre. Dans les régions plus éloignées, ça va être un soya pleine saison », indique le directeur général David Proulx. Le Raymond se distingue également par son haut taux de protéines, avec une moyenne de 47 %. « Ça peut être intéressant pour les producteurs qui torréfient leur soya à la maison directement. » Provenant de SeCan, le OAC Kamran (2 725 UTM) est une nouveauté sur le marché autant conventionnel que bio. « Avec un UTM de 2 725, il va être adapté pour une grande quantité de régions au Québec », explique David Proulx, qui souligne qu’il affiche un haut taux de protéines lui aussi, ce qui répond aux exigences des transformateurs. « Ce qui est intéressant avec lui, c’est qu’il teste en haut de 42 % de protéines sans compromis sur le rendement. Nos soyas au Québec et en Ontario sont bons sur le marché de l’exportation parce que la fève est grosse et la protéine est élevée », souligne le directeur général de Semences RDR. 


Cynthia Lajoie, de Pioneer

Pioneer fonde beaucoup d’espoir sur le P06A28E (2 675 UTM), doté de la technologie Enlist E3 qui lui confère une tolérance au glyphosate, au glufosinate (Liberty) et au 2,4-D, pour s’imposer sur le marché. « C’est notre premier soya avec la technologie Enlist. Il présente une belle émergence, une bonne tolérance à la moisissure blanche et une belle tenue à la récolte », assure Cynthia Lajoie, agronome chez Pioneer pour l’ouest du Québec. « Pour le contrôle des mauvaises herbes, notamment la prêle des champs qui devient un gros problème pour nous au Québec, il est idéal. On s’attend à ce qu’il devienne un soya très important dans les prochaines années chez nous. » Présenté comme une valeur sûre, le P09162X (2 750 UTM) figure année après année parmi les soyas les plus vendus chez Pioneer. « Il n’y a pas de mauvaises surprises avec lui. Les producteurs qui l’achètent y reviennent toujours. Il a vraiment de bonnes caractéristiques comme une belle émergence, une bonne tolérance à la moisissure blanche et une stabilité dans son rendement », ajoute-t-elle.


Daniel Barré, de Synagri

Chez Synagri, on présente deux variétés de soya qui ont fait leurs preuves et qui affichent une même unité thermique. Performant aussi bien dans les rangs de 15 que de 30 pouces, l’OAC Champion (2 650 UTM) fait partie du portfolio du semencier depuis des années. « C’est une variété qui est appréciée des producteurs qui veulent faire du blé d’automne, car elle se récolte tôt. Elle combine une excellente tolérance à la sclérotinia, une bonne tenue et s’adapte à différents types de sols. C’est une variété très demandée pour l’exportation. », explique Daniel Barré, agronome et directeur maïs, soya et développement de marché. Pour les producteurs bio, des contrats de rachat de récoltes sont disponibles. Commercialisé depuis une dizaine d’années, le Kyoto (2 650 UTM) est aussi proposé aux agriculteurs voulant semer des céréales d’automne ou faire des travaux au champ. « Aux essais du RGCQ, c’est le soya qui s’est montré le plus résistant contre la sclérotinia (moisissure blanche) entre 2013 et 2019 », souligne Daniel Barré, tout en précisant qu’en matière de rendement, il se situait dans la moyenne. « Les producteurs l’apprécient pour sa constance et sa résistance aux maladies. »


Alexandre Tessier, de Prograin

Commercialisé chez Prograin une première fois en 2022, le soya Aya (2 675 UTM) s’est montré très agressif en début de saison pour couvrir les rangs et produire beaucoup de feuillage comme il l’avait fait dans les parcelles l’année précédente, indique Alexandre Tessier, directeur de territoire. « Il démontre un très bon comportement végétatif, vraiment impressionnant au départ », ajoute celui qui le recommande pour les régions du Centre-du-Québec et de la Montérégie. Comme second choix, Alexandre Tessier propose l’Alexa (2 750 UTM), qui constituera une nouveauté en 2023. « Dans nos essais internes en 2021, c’est lui qui gagnait tout le temps en termes de rendement et de performance. Je prévois que ça va devenir dans nos tops chez Prograin. Tout comme Aya, Alexa présente une croissance rapide au départ. « Il va convenir à tous les types de sols et fait aussi bien en semis direct qu’en conventionnel, autant dans les rangs de 15 pouces que 30 pouces », conclut Alexandre Tessier. 


Guillaume Doré, de Sevita

Avec sa taille moyennement haute et son excellente tenue, le SI 0720E3N (2 700 UTM) est facile à récolter, promet Guillaume Doré, directeur des ventes et des contrats pour le Québec chez Sevita. « C’est un produit polyvalent avec un potentiel de rendement audacieux et une excellente tenue. » Cette variété comprend deux gènes contre le phytophthora, la protection contre le nématode à kystes du soya et le contrôle des mauvaises herbes grâce au Enlist E3MC. « Le nématode n’est pas encore un problème ici, au Québec, comme en Ontario, mais des tests de dépistage indiquent sa présence. » Quand il parle de l’Alinova (2 900 UTM), Guillaume Doré ne peut cacher son enthousiasme. « Il a été développé dans notre centre de recherche. L’Alinova a la particularité d’avoir une haute teneur en acide oléique (oméga-9) sans OGM, ce qui permet plusieurs utilisations étant donné que c’est un gras mono-insaturé. Ça va donner une huile similaire à l’huile d’olive en termes de contenu », dit-il. Alors que le soya conventionnel va contenir en moyenne 25 % d’acide oléique, l’Alinova va présenter un taux de 75 %. « C’est vraiment hors spectre et ça explique pourquoi l’enregistrement auprès des autorités a été plus long. C’est une variété à très haut potentiel de rendement et unique en son genre. »


Hicham Fram, de Ceresco

Utilisé par les Japonais dans la préparation d’un déjeuner traditionnel, le soya natto produit au Québec est de plus en plus demandé, souligne Hicham Fram, directeur agronomique et acheteur chez Ceresco. « Les fèves du natto sont deux fois plus petites que celles du soya conventionnel. C’est un marché en progression. La demande augmente chaque année et nous cherchons des producteurs pour y répondre. » Ceresco propose pour ce marché le Coryllis (2 750 UTM), qui est la variété à battre au pays, assure Hicham Fram. « Ce qui est intéressant avec le Coryllis, c’est qu’il y a une prime à la vente et il offre un rendement équivalent au soya traditionnel. Historiquement, le soya natto donne des rendements inférieurs, mais pas avec celui-ci. » Dans des rangs de 7,5 à 22 pouces, il peut être semé de façon conventionnelle dans tous types de sols. Comme second choix, Hicham Fram propose le Taku (2 850 UTM), une variété conventionnelle avec un taux de protéines de 41 % et qui peut être semée dans des rangs de 15 à 30 pouces. « Au cours des deux dernières années, le Taku s’est classé premier dans les tests du RGCQ. C’est une variété à gros rendement, très branchue, avec une belle tenue et une tolérance à la sclérotinia (moisissure blanche) », explique le représentant de Ceresco.


Hicham Bali, de Semican

Avec le Malart (2 700 UTM) et le Canstar (2 750 UTM), des variétés sœurs aux caractéristiques semblables, Semican a voulu combler une brèche dans son portfolio, explique Hicham Bali, vice-président à l’approvisionnement et aux ventes. « Les deux sont destinés à la production de tofu et de lait de soya. L’avantage avec ces variétés, c’est qu’elles offrent de bons rendements pour les producteurs, mais aussi au niveau qualitatif. Elles répondent aux exigences des transformateurs puisque nous les avons nous-mêmes testées à ce niveau. » Autre aspect apprécié chez le Malart et le Canstar : ils branchent énormément. « La majorité des producteurs bio travaille avec des rangs de 30 pouces, car la machinerie existante est adaptée à cette largeur. Le fait donc de couvrir rapidement le sol empêche les mauvaises herbes de proliférer. » Hicham Bali souligne qu’avec leur UTM de 2 700 et 2 750, à mi-chemin entre le hâtif et le tardif, elles conviennent aussi pour les semis un peu plus tardifs. « Elles vont arriver à maturité sans perdre beaucoup de rendement », précise-t-il.


Daren McColm, de Windfield

Chez Croplan, Daren McColm propose le CP0622WPXF (2 700 UTM), un soya cultivé en parcelle cette année et qui sera commercialisé à grande échelle en 2023. « Avec la technologie XtendFlex, il est tolérant au glyphosate et au glufosinate et bon pour résister aux maladies foliaires et à la moisissure blanche. C’est une variété qui s’adapte bien à la sécheresse. Un bon choix pour les terres lourdes et argileuses », précise l’agronome, ajoutant qu’il peut être semé aux 15 ou aux 30 pouces. Comme second choix, Daren McColm opte pour le CP1222WPE (2 875 UTM). « C’est une variété dont on connaît très bien la génétique, avec un potentiel de rendement assez élevé. Il a une vigueur printanière très forte et convient très bien au semis direct, peu importe la largeur des rangs », explique l’agronome. Doté de la technologie Enlist, le CP1222WPE se révélera tolérant au glyphosate, au glufosinate (Liberty) et au 2,4-D.


Éric Boulerice, de Semences NK

Pour les producteurs qui cultivent dans des champs très fertiles, Éric Boulerice ne jure que par le S12-M5X (2 825 UTM). « C’est notre meilleur vendeur depuis l’an dernier. C’est une variété à haut rendement, qui présente une très bonne tenue, courte et buissonnante. Dans les rangs de 30 pouces, tu n’auras aucun problème. C’est un soya qui fait bien autant au nord qu’au sud de sa zone par sa floraison hâtive », indique le représentant de Semences NK. Le S12-M5X présente une bonne capacité face aux maladies, avec ses gènes Rps 1k et Rps 3a qui lui procurent une tolérance au phytophthora. Comme second choix, Éric Boulerice se tourne vers le NK S04-J6X (2 625 UTM). « C’est une variété sur le marché depuis deux ans, qui fait super bien dans les régions plus hâtives, performe à son mieux dans les terres plus fertiles. Elle fait un beau plant, avec une belle verdeur et offre aussi une bonne résistance au nématode à kyste du soya. » Performant même en conditions difficiles, le NK S04-J6X peut être semé en semis direct ou en conventionnel. « Dans un champ très fertile, tu peux y aller avec des rangs aux 30 pouces, mais sinon, c’est 20 pouces et moins en général », conclut Éric Boulerice.


Lisanne Émond, de Brevant

Testé dans de nombreux champs et dans les parcelles précommerciales en 2021, le B036CE (2 600 UTM) a donné des résultats très prometteurs et a convaincu Brevant d’ouvrir les vannes en 2022. « Il présente une super émergence au départ, est constant du début à la fin de la saison et offre une excellente tenue à la récolte et un rendement de champion », explique Lisanne Émond, agronome de territoire Grandes cultures chez Corteva. Le B036CE offre aussi une tolérance à la moisissure blanche. Quant au second choix, le B074HE (2 700 UTM) a suivi les mêmes étapes de commercialisation que le précédent. « Lui aussi présente une belle émergence et une belle tenue à la récolte. Il a par contre une meilleure tolérance à la moisissure blanche que le B036CE. » Fait à noter, les deux propositions sont dotées de la technologie Enlist. « Toutes nos nouveautés 2022 ont le trait de caractère Enlist, et Brevant a l’ambition d’offrir dans le futur uniquement des variétés dans son portfolio dotées de cette technologie qui offre une tolérance au glyphosate, au glufosinate (Liberty) et au 2,4-D. »


Phil Bailey, de SeCan

Chez SeCan, Phil Bailey n’est pas peu fier de présenter le Béliveau (2 750 UTM), un soya avec une bonne vigueur au champ et comptant plusieurs gènes de résistance dans son bagage. « Il est résistant au nématode à kyste du soya, mais encore plus intéressant, il a deux gènes de résistance contre le phytophthora, qui est la maladie que les producteurs commencent à voir apparaître de plus en plus dans les champs. » Comme second choix, Phil Bailey propose l’OAC Strive
(2 650 UTM). « C’est un soya conventionnel pour faire du tofu, destiné au marché de l’exportation comme le Japon. C’est une variété hâtive qui offre un bon contrôle contre la moisissure blanche. Elle résiste bien aussi au phytophthora, mais moins que le Béliveau par contre. » Offrant une teneur élevée en protéines, l’OAC Strive procure de bons rendements, ce qui en fait un choix populaire chez les producteurs de soya, souligne Phil Bailey. 


Pascal Larose, de Sollio Agriculture

Chez Sollio Agriculture, Pascal Larose propose le Grizzly (2 575 UTM) et le Viper (2 725 UTM), deux variétés introduites sur le marché en 2021. Des soyas de pointe, dit l’agronome, qui combinent trois aspects : le rendement, le profil agronomique et une technologie externe (Enlist). « Notre vision chez Sollio, c’est que pour exprimer ton plein potentiel de rendement et de performance, il faut que tu sois protégé agronomiquement », souligne le responsable de l’agronomie et de la mise en marché des produits. Pascal Larose note que c’est particulièrement important pour le soya, dont l’évolution génétique est beaucoup moins rapide que le maïs, par exemple. « Pour qu’un soya dure plus longtemps, c’est son profil agronomique qui lui permet de passer au travers. » Quant à la technologie Enlist, elle permet au producteur de résoudre les problèmes de désherbage, notamment la prêle des champs, de plus en plus envahissante. Autant le Grizzly que le Viper tolèrent le dicamba, le glyphosate, le phytophthora et le nématode à kyste du soya.


Jean-François Foley, de Semences Pride

Pour remplacer son soya vedette PS 1 162, Semences Pride cherchait à frapper un grand coup, et l’entreprise croit bien y être arrivée avec son tout nouveau PS 1022 EN (2 800 UTM). « Il est vraiment à la hauteur de nos attentes, et même plus, je dirais», s’enthousiasme Jean-François Foley, directeur agronomie pour la Montérégie. Doté de la technologie Enlist, il tolère bien le glyphosate, le glufosinate (Liberty) et le 2,4-D. « Il contrôle bien aussi la moisissure blanche, résiste à la pourriture du phytophthora et tolère bien différents types de stress. Il est encore au stade précommercial cette année, mais il a eu une superbe levée, une belle vigueur et beaucoup de branches. C’est vraiment une variété exceptionnelle, autant offensivement que défensivement », poursuit Jean-François Foley. Comme second choix, l’agronome chez Semences Pride propose le PS 0521 XRN (2 700 UTM). « Il est un peu plus hâtif, résiste au glyphosate et au dicamba. Sa valeur ajoutée, c’est au niveau de sa protection face au nématode à kyste. Au Québec, ce n’est pas encore un problème, mais il y a quelques endroits où ça le devient. Et au niveau du rendement, c’est vraiment une variété exceptionnelle. Il n’a aucune restriction quant au type de sol, aux espacements des rangs. Il offre un rendement supérieur aux meneurs du marché », assure Jean-François Foley.