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Hortimed utilise principalement des lampes à vapeur de sodium à haute pression, mais l’éclairage à DEL fera son entrée chez ce producteur à plus grande échelle sous peu. Photo : Hortimed

Hortimed utilise principalement des lampes à vapeur de sodium à haute pression, mais l’éclairage à DEL fera son entrée chez ce producteur à plus grande échelle sous peu. Photo : Hortimed

Hortimed met le cap sur l’éclairage à DEL

À Hemmingford, en Montérégie, Steve Lamoureux, président d’Hortimed, un producteur de cannabis, est fort occupé à faire des essais au moyen de nouveaux cultivars… et d’un nouveau type d’éclairage : les lampes à diode électroluminescente (DEL). En fait, dans les installations de production de cannabis, ce type d’éclairage connaît une popularité croissante et pourrait même finir par détrôner l’éclairage plus traditionnel au moyen de lampes à sodium à haute pression.

Considérant qu’un plant de cannabis requiert de 12 à 20 heures de luminosité par jour et que l’éclairage peut représenter jusqu’à 70 % des coûts d’énergie des producteurs, on comprendra que le choix du type d’appareil pèse lourd dans la balance. De plus, le type d’éclairage et sa modulation pourraient permettre aux producteurs d’accroître le rendement de leur récolte et d’augmenter la teneur en cannabinoïdes et en terpènes du cannabis… pourvu qu’ils trouvent la bonne « recette ».

« À l’heure actuelle, je fais des tests avec différents cultivars et différentes combinaisons de nutriments, de température, de luminosité, etc., pour arriver à une recette optimale », dit M. Lamoureux. Une petite partie de ses essais sont faits avec un éclairage à DEL, mais il compte se servir de ce type d’éclairage à plus grande échelle sous peu. Pendant qu’il réfléchit aux appareils qu’il choisira, il a fait appel à l’entreprise de construction J.L. Priest inc. pour installer les rails, le câblage et les transformateurs, question d’être fin prêt une fois son choix arrêté.

Laurent Arsenault, contremaître, J.L. Priest inc., Steve Lamoureux, président, Hortimed et  Denis Turbide, chargé de projet, J.L. Priest inc. Photo : Suzanne Gagné

Laurent Arsenault, contremaître, J.L. Priest inc., Steve Lamoureux, président, Hortimed et
Denis Turbide, chargé de projet, J.L. Priest inc. Photo : Suzanne Gagné

Moins coûteux?

On estime que l’éclairage à DEL utilise de 35 % à 55 % moins d’énergie que les lampes à sodium à haute pression, sans compter que leur durée de vie utile est plus longue.

« Les tubes des lampes à vapeur de sodium doivent être remplacés chaque année et le coût correspond à environ le tiers de celui de l’appareil, dit Steve Lamoureux, sans compter que ces lampes perdent rapidement de leur efficacité au fil du temps. Aussi, elles produisent plus de chaleur, ce qui fait travailler la climatisation plus fort. » Les lampes à DEL, qui sont généralement dotées d’une garantie de trois à cinq ans, produisent moins de chaleur, mais selon lui, une partie de ce gain est perdue, car il faut déshumidifier davantage pour éviter l’apparition de moisissures.

Hortimed effectue des essais au moyen de l’éclairage à DEL sur une petite partie de sa production. Photo : Suzanne Gagné

Hortimed effectue des essais au moyen de l’éclairage à DEL sur une petite partie de sa production. Photo : Suzanne Gagné

Une recette optimale

Une étude menée par le Cannabis Business Times auprès de producteurs œuvrant partout en Amérique du Nord révèle que 70 % des producteurs interrogés sont passés à l’éclairage à DEL pour au moins une étape du cycle de croissance, soit une augmentation de plus de 50 % depuis 2016. Les répondants qui utilisent déjà l’éclairage à DEL estiment que les principaux avantages sont l’efficacité énergétique, la faible chaleur que ces appareils dégagent et la possibilité d’utiliser un gradateur d’intensité lumineuse, modifiable selon l’étape de croissance. L’éclairage à DEL peut également procurer différentes combinaisons de couleurs du spectre lumineux, ce qui pourrait avoir un effet sur les plants de cannabis.

Il est encore trop tôt pour que Steve Lamoureux tire des conclusions de ses essais, mais les études menées dans le secteur laissent croire que l’équation n’est pas simple… Par exemple, de façon générale, l’intensité lumineuse aurait un effet sur la croissance des plants, mais plusieurs études ont obtenu des résultats mitigés du côté de l’effet de l’éclairage sur la teneur en cannabinoïdes et en terpènes, notamment en raison des différences génétiques entre les cultivars, qui font toute la différence. Il semblerait également que certaines souches de cannabis réagiraient mieux à l’éclairage produit par les lampes à sodium à haute pression, tandis que d’autres se comportent mieux sous un éclairage à DEL.

Des projets d’avenir

De par le monde, bon nombre d’essais sont en cours. Par exemple, alors que la norme consiste à éclairer les plants par le haut, certains producteurs se servent de l’éclairage à DEL pour vérifier l’effet de l’ajout d’un éclairage sur le côté et sous le feuillage.

Certains fabricants d’appareils à DEL ont également lancé sur le marché des appareils d’éclairage dotés d’un réseau maillé Bluetooth, qui « lit » les données provenant des différents capteurs installés dans l’exploitation, puis les envoie à une plateforme de traitement qui indique au producteur la présence de mildiou, la nécessité d’arroser les plants ou d’augmenter la luminosité, etc., ce qui permet de contrôler les paramètres avec beaucoup plus de précision et d’en arriver à une recette optimale plus efficacement.

Comme quoi la DEL n’a pas encore dit son dernier mot!

Suzanne Gagné, collaboration spéciale


Ce texte a été publié dans l’édition de novembre de L’UtiliTerre, le cahier technique de La Terre de chez nous.