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Sollio s’est rapidement tourné vers ses sources secondaires d’approvisionnement, majoritairement situées dans les pays arabes pour les engrais azotés et en Afrique du Nord pour le phosphate.

Sollio s’est rapidement tourné vers ses sources secondaires d’approvisionnement, majoritairement situées dans les pays arabes pour les engrais azotés et en Afrique du Nord pour le phosphate.

Des engrais azotés venus d’ailleurs

La menace d’une pénurie d’engrais azotés et de phosphate est écartée au Québec pour la prochaine saison. Ces fertilisants, habituellement importés en grande partie de Russie, proviendront cette année du Moyen-Orient et de l’Amérique centrale.

Rappelons qu’en réaction à l’invasion de l’Ukraine en février 2022, le gouvernement canadien a imposé plusieurs sanctions commerciales à l’endroit de Moscou. Ces interdictions ont coupé notamment l’approvisionnement en urée, engrais essentiel pour la culture du maïs, des céréales et des fourrages. 

La fermeture du marché russe a obligé Sollio Agriculture à trouver de nouvelles sources d’approvisionnement d’engrais azoté, confirme son vice-président, Simon Baillargeon. Photo : Gracieuseté de Sollio Agriculture

La fermeture du marché russe a obligé Sollio Agriculture à trouver de nouvelles sources d’approvisionnement d’engrais azoté, confirme son vice-président, Simon Baillargeon. Photo : Gracieuseté de Sollio Agriculture

« Environ 60 % de l’engrais azoté utilisé par les producteurs de l’Est du Canada provenait de la Russie. Nous avons été confrontés à un enjeu ­majeur », témoigne Simon Baillargeon, vice-président chez Sollio Agriculture, le plus gros fournisseur de fertilisants au Québec, en Ontario et dans les ­provinces maritimes. 

Devant la situation, ce grand distributeur s’est rapidement tourné vers ses sources secondaires d’approvisionnement, majoritairement situées dans les pays arabes pour les engrais azotés et en Afrique du Nord pour le phosphate. Une partie de ce dernier engrais proviendra aussi du Mexique.

« Notre équipe est toujours à l’affût de solutions de rechange en cas de variations de prix ou de conflits armés comme on le connaît actuellement. Cela nous permet de prévoir la qualité et le niveau de production de fournisseurs potentiels. On doit aussi évaluer leur capacité de livraison », affirme M. Baillargeon.

L’acheminement par bateaux de millions de tonnes d’engrais, entreposées pendant des mois avant d’être distribuées au moment opportun aux agriculteurs répartis sur des milliers de kilomètres, représente en effet un casse-tête logistique crucial pour ­l’industrie. 

« On ne pourrait pas dire à un agriculteur, quand arrive le temps des ­semis, qu’on est en rupture de stock et que ses engrais arriveront dans trois semaines. On fait du juste à temps », fait remarquer Simon Baillargeon.

Prix élevés

L’urée est obtenue par la transformation du gaz naturel. La forte présence de cette ressource naturelle en Russie explique sa prédominance passée sur les marchés mondiaux. Le boycottage par les pays occidentaux a évidemment provoqué une hausse de prix des engrais.

« L’an dernier, les prix sont passés du simple au double, confirme le vice-président de Sollio Agriculture. Encore cette année, les conditions du marché sont malheureusement favorables à un maintien élevé des prix. Cela s’explique notamment par les difficultés d’approvisionnement des pays européens en gaz naturel en provenance de la Russie. Cela restreint le nombre de fournisseurs potentiels. »

Négociations avec Ottawa

Dans les premiers jours de l’invasion en Ukraine, Ottawa avait d’abord ­imposé des tarifs douaniers de 35 % sur les produits importés de Russie. Cela a permis la livraison des engrais essentiels à la saison 2022. 

Depuis des mois, les fédérations provinciales de producteurs de grain réclament un dédommagement fédéral pour cette surtaxe. En décembre, la ministre de l’Agriculture et de l’Agro­alimentaire, Marie-Claude Bibeau, a confirmé que son ministère étudiait une formule de dédommagement. 

« De notre côté, on sait exactement ce qu’on a vendu à quel producteur. Donc on aurait une facilité de dédommager les producteurs à la hauteur des montants qu’on pourrait recevoir et à retourner aux producteurs », assure M. Baillargeon.