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Ai-je besoin de cultiver la fraise hors-sol?

La culture hors-sol des fraises connaît un certain engouement au Québec dans un contexte où la question de l’autonomie alimentaire revient dans le débat public. Considérant que ces techniques sont plus onéreuses et ne garantissent pas nécessairement de meilleurs rendements que la production en plein champ, dans quelles circonstances le hors-sol en vaut-il la peine?

La culture hors-sol devrait avant tout répondre à un besoin réel du producteur, prévient le pépiniériste Simon Parent, de Novafruit, en marge d’un séminaire organisé par le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) sur la culture des petits fruits. « En hors-sol, le rendement ne sera pas nécessairement meilleur si notre sol est bon. Par ailleurs, la plasticulture peut combler les mêmes besoins que le hors-sol, à savoir améliorer la qualité du fruit, désaisonnaliser la production, faciliter la mécanisation et augmenter l’efficacité de la main-d’œuvre. »

En revanche, la culture sur substrat peut sembler nécessaire dans certaines situations, par exemple si la ferme éprouve des contraintes liées à un sol très rocailleux ou à des maladies comme le nématode. Cette technique peut également maintenir une constance dans la production de fraises et ainsi mousser les ventes à la ferme. Enfin, cette technique permet de cultiver la fraise même en hiver.

Choisir son itinéraire

Au Québec, trois principaux itinéraires de culture hors-sol sont possibles, adaptables en fonction des types de plants, des variétés et des abris que l’on souhaite utiliser. 

Le forçage d’hiver s’effectue avec une variété à jour court de novembre à mai. La plantation est programmée en vagues successives avec des trayplants dans le but de décaler les récoltes pour un potentiel de rendement de 4 à 5 kg/m2. « Le forçage d’hiver est intéressant pour faire coïncider une récolte avec un événement ciblé comme la Saint-Valentin ou la fête des Mères. Cet itinéraire permet aussi de “réveiller” le marché pour ceux qui font déjà des fraises au champ. Les infrastructures peuvent ensuite servir à une autre culture durant la saison », mentionne le pépiniériste.

Le forçage d’été suit le même principe que le forçage d’hiver – avec une variété à jour court –, cette fois-ci avec des plantations programmées de mai à octobre. La plantation de trayplants Clery CIV peut se faire en pleine terre, en gouttière sous abri, voire dans des smart pots sur des murs verticaux. Il offre un potentiel de 4 à 5 kg/m2 qui peut être doublé si le calendrier permet deux récoltes.

Enfin, le jour neutre d’hiver est un modèle principalement adapté à la grande distribution puisqu’il nécessite des serres performantes dotées d’un éclairage artificiel. La plantation de trayplants ou de mini-trayplants en septembre permet des récoltes de novembre à mai de façon continue, pour un potentiel de rendement de 8 à 10 kg/m2.

« Il ne faut pas voir le hors-sol comme une fin en soi, mais comme un outil supplémentaire qu’on peut combiner à la culture en champ », résume le pépiniériste.


Cet article a été publié dans notre cahier spécial Fruits et légumes du Québec, printemps 2021.