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Une fendeuse polyvalente

Quand on demande à Pascal Dauphin laquelle de ses créations lui donne le plus de fierté, il répond sans hésitation que c’est sa fendeuse à bois. « C’est la machine qui m’a demandé le plus de réflexion, de calcul et de planification. C’était également un travail qui exigeait la soudure de très grosses pièces de métal. À cause des coûts liés à sa construction, je ne pouvais pas me permettre d’abandonner avant qu’elle soit complètement terminée, explique-t-il. J’ai travaillé vraiment fort. »

Selon Pascal, une fendeuse comparable à celle qu’il a fabriquée avec des pièces recyclées (métal et cylindres hydrauliques) coûterait près de 10 000 $ s’il l’achetait aux États-Unis. « Elle me revient bien moins cher », se félicite-t-il.

Le cœur de l’appareil est composé d’un moteur Honda de 13 forces couplé à une pompe hydraulique à deux stades d’une capacité de 100 litres/minute. Un cylindre hydraulique de 13 centimètres de diamètre, récupéré d’un vieux bouteur (bulldozer), pousse les bûches sur le pilier qui les fend. Pascal est fier d’avoir eu l’idée de souder deux ancrages pour ce cylindre. Il peut ainsi fendre des bûches de longueurs différentes, soit pour la maison, soit pour la cabane à sucre.

moteurfendeuse

Au-dessus de ce gros cylindre, à portée de main, Pascal a installé les trois leviers de commande de la machine et le cadran de lecture de la pression du système hydraulique. Un de ces leviers actionne la fendeuse. « Je dois le pousser pour déplacer la bûche vers le pilier fendeur. Quand je le relâche, il retourne lentement à sa position de départ pendant que je place une nouvelle bûche sur la machine », explique-t-il.

L’autre levier actionne un lève-bûches qui, selon Pascal, est le meilleur ami du dos de l’opérateur de la machine. Il est muni d’un cylindre suffisamment puissant pour soulever de très lourdes bûches. « Ç’a l’air simple, mais cette partie de la fendeuse m’a donné beaucoup de fil à retordre. La difficulté, c’était de trouver la position idéale pour le cylindre qui soulève le bras… son “point G”, plaisante-t-il. C’est souvent de petits détails apparemment insignifiants comme celui-là qui mettent un projet en péril. » Pascal s’est aidé de gabarits de bois pour trouver cet endroit et l’angle idéal pour installer le cylindre.

Le troisième levier permet d’ajuster la hauteur des couteaux que Pascal glisse par-dessus le pilier qui fend les bûches en deux. Un de ces couteaux permet de fendre les grosses bûches en quatre, et un autre, en six. Ces derniers réduisent énormément la manipulation de ces lourds spécimens.

À l’arrière de la machine, notre bricoleur a encore pensé à son dos : il a installé un gros panier, fait de tiges métalliques espacées, pour recueillir le bois fendu. Les morceaux de bois sont ainsi à portée de main, donc plus faciles à transférer dans la remorque pour leur transport jusqu’à destination.

La machine est remorquée par un motoquad (“quatre-roues”) et peut circuler sur les routes puisqu’elle possède tous les feux réglementaires. Pascal y a même installé un système d’éclairage qui permet le travail de nuit. Pas très bénéfique pour le couple sans doute, mais pratique pour ceux qui prisent le travail en forêt au clair de lune.