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Alexandre Diaz, directeur général de Promize, fait une démonstration des capacités de Fernand lors du SIMA 2019, à Paris. Crédit photo : Vincent Cauchy / TCN

Alexandre Diaz, directeur général de Promize, fait une démonstration des capacités de Fernand lors du SIMA 2019, à Paris. Crédit photo : Vincent Cauchy / TCN

Un assistant numérique qui parle « l’agricole »

Vous pensiez que votre meilleur ami s’appelait Marc, Sylvain ou Daniel? Une entreprise française s’est donné pour mandat de vous fournir un tout nouveau meilleur ami : Fernand, un système d’intelligence artificielle qui saura vous guider dans la prise de décision à la ferme.

Développé par une start-up française du nom de Promize, qui fait partie du groupe Isagri, et distribué au Québec sous la marque SIGA, Fernand est un genre de Siri, mais spécialisé dans le monde agricole. Il connecte ensemble les différents outils numériques que l’agriculteur utilise. Que ce soit un logiciel, des capteurs, un robot, un tracteur, voire même des sites de nouvelles, il ira chercher ces données pour ensuite les croiser et les analyser.

« L’objectif est de permettre à l’agriculteur de brancher un maximum de services pour ne plus avoir à perdre de temps en ouvrant cinq à dix applications pour prendre la centaine de décisions qu’il doit prendre chaque jour », explique Alexandre Diaz, directeur général de Promize, tout en nous offrant une démonstration des capacités de son bébé, lors du SIMA 2019, à Paris.

« Est-ce que je peux [appliquer] un fongicide sur mon blé demain? », demande-t-il à son assistant numérique. « Fernand sait ce qu’est un fongicide. Il comprend le mot blé et sait où sont mes parcelles. Il me propose les deux fongicides que j’ai à ma disposition. Lorsque j’ai fait mon choix, il me suggère des fenêtres d’application en fonction du lieu où se trouvent mes champs, de la météo et des traitements que j’ai déjà faits dans mes champs. »

Pour l’instant, la brique d’intelligence artificielle qui compose Fernand est générale. Elle est basée sur des outils de Google et d’IBM Watson. La reconnaissance vocale et la reconnaissance de textes fonctionnent donc dans plusieurs langues. Par contre, il reste à coder la contextualisation agricole dans les différents pays.

« Si je demande à Siri si je peux faire un [traitement de fongicide] Cherokee sur ma parcelle, au mieux, elle va me sortir une image d’Amérindien ou de Jeep 4 x 4. Les Apple, Google ou Amazon n’ont pas cette connaissance spécifique au métier d’agriculteur », insiste Diaz, qui assure du même souffle que l’application sera gratuite pour les agriculteurs. « On ne croit pas pour l’instant que l’agriculteur est prêt à payer pour un tel service. Notre modèle de monétisation passe plus par les partenaires avec des applications tierces qui voudront se connecter et permettre à leurs clients d’utiliser Fernand. »

Fernand l’Assistant devrait officiellement apparaître sur les téléphones intelligents des agriculteurs à l’automne 2019.