fbpx
Photo : Shutterstock

Photo : Shutterstock

Travail du sol : trois conseils pour un printemps sans soucis

Travailler ou ne pas travailler son sol au printemps? Telle est la question. Après un automne difficile, voici trois conseils pour éviter une perte de rendement cette saison.

#1 : Faire du semis direct   

Si plusieurs producteurs sont habitués à faire du semis direct, d’autres n’ont pas encore osé se lancer dans l’aventure. « Comme la plupart des agriculteurs n’ont pas pu travailler le sol à l’automne, c’est le moment idéal pour commencer à faire du semis direct », explique l’agronome Vincent Lamarre.

Cette pratique culturale a pour avantage de diminuer les passages au champ au printemps et, ainsi, de limiter les impacts négatifs sur la santé des sols.

La réussite du semis direct dépend toutefois de l’état des champs. « Il faut un sol qui peut supporter ça, c’est-à-dire un sol bien structuré, avec une belle stabilité, un bon pH, un bon égouttement et un bon drainage, illustre l’agronome. Ça prend par exemple un producteur qui était en pleine démarche pour s’en aller vers le semis direct et qui profite de l’occasion pour se lancer. »

Faire un semis direct sur un sol qui ne répond pas à toutes ces conditions comporte toujours un risque d’échec. « C’est le diagnostic, quand le producteur va marcher dans son champ ce printemps, qui va permettre de confirmer si oui ou non, c’est envisageable. »

Le semis direct a pour avantage de diminuer les passages au champ au printemps et, ainsi, de limiter les impacts négatifs sur la santé des sols. Photo : Archives/TCN

Le semis direct a pour avantage de diminuer les passages au champ au printemps et, ainsi, de limiter les impacts négatifs sur la santé des sols. Photo : Archives/TCN

#2 : Faire un travail de sol léger

Un travail de sol superficiel va permettre de réchauffer et d’assécher le sol plus rapidement. Il faut cependant être « prudent et minutieux », rappelle Vincent Lamarre, parce que le sol est plus fragile au printemps.

« Malgré l’apparence d’un sol asséché en surface, c’est souvent encore semi-plastique ou plastique quand on creuse à plus de 10 cm », explique l’agronome. Il conseille donc de faire un travail de préparation de lit de semence à environ 5 à 7 cm de profondeur. « On ne veut pas faire de travail par exemple à 20 cm comme on ferait à l’automne, précise-t-il. L’objectif d’aération ne serait pas atteint et ça risquerait d’endommager le sol. »

Le travail superficiel du sol permettra également de découper et de mélanger les résidus pour faciliter le travail de semis. C’est donc particulièrement adapté pour les producteurs qui n’ont pas les équipements de semis pour travailler dans des sols qui ont beaucoup de résidus, par exemple avec un retour de maïs-grain.

Le travail de sol au printemps devrait se faire en surface, à moins de 10 cm. Les déchaumeuses à disques sont un bon outil pour ce type de travail. Photo : Archives/TCN

Le travail de sol au printemps devrait se faire en surface, à moins de 10 cm. Les déchaumeuses à disques sont un bon outil pour ce type de travail. Photo : Archives/TCN

#3 : Revoir ses pratiques culturales

Selon l’agronome Vincent Lamarre, il ne faut pas considérer le travail de sol isolément, mais bien comme une étape dans l’ensemble du système cultural. Après l’automne 2019, qu’il qualifie de « dramatique », c’est donc le moment idéal de repenser l’ensemble de ses stratégies pour éviter de se faire avoir une deuxième fois.

« Il faudrait que les producteurs prennent le temps de se questionner sur le choix des unités thermiques, le choix des cultures dans la rotation, les stratégies de travail de sol, etc. Tout ça doit être remis en perspective en tenant compte des changements climatiques », croit-il. 

L’agronome Vincent Lamarre invite les producteurs à repenser leurs méthodes et stratégies de travail pour éviter d’être pris de court par les aléas météorologiques. Photo : Archives/TCN

L’agronome Vincent Lamarre invite les producteurs à repenser leurs méthodes et stratégies de travail pour éviter d’être pris de court par les aléas météorologiques. Photo : Archives/TCN