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Avant de laisser un volume important de restes de culture, il faut examiner l’état de santé du sol à l’aide de profils et d’observation sur place. Photo : Gracieuseté d’Éric Labonté, MAPAQ

Avant de laisser un volume important de restes de culture, il faut examiner l’état de santé du sol à l’aide de profils et d’observation sur place. Photo : Gracieuseté d’Éric Labonté, MAPAQ

Travail de sol à l’automne

L’agriculture et le régime climatique sont intimement liés : tout effet sur le climat influence la production agricole. On a appris des dernières sécheresses qu’on pouvait agir pour contrer le phénomène. Le travail du sol d’automne ne fait pas exception.

Trois piliers de lutte

La lutte s’appuie sur trois grands principes : couverture de sol, « non-labour » ou travail minimal du sol et diversification des espèces cultivées. De plus en plus acceptée, cette approche conduit à des avantages agronomiques et environnementaux indéniables.

« Pour minimiser les effets des sécheresses, il faut maximiser la capacité de rétention du sol, gage d’un approvisionnement maximum en eau, estime le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du ­Québec [MAPAQ]. Pour ce faire, il faut assurer une bonne couverture de résidus, minimiser l’évaporation de l’eau du sol et maintenir une température à la surface plus fraîche. »

Par ailleurs, l’élimination de plus de 50 % des résidus après la récolte entraîne des impacts réels, notamment une augmentation de l’érosion, une baisse de l’infiltration de l’eau, une diminution de la matière organique et une destruction de la structure. De plus, lors ­d’épisodes de pluies, on observe une imperméabilisation du sol de surface, une réduction du taux d’infiltration et une ­augmentation du ruissellement.

Toutefois, avant de laisser un volume important de restes de culture, il faut examiner l’état de santé du sol à l’aide de profils et d’observation sur place. Un sol en mauvais état aura du mal à gérer cet excès de chaume et le semis en subira les conséquences. De plus, un sol dont la vie microbienne est moins efficace à décomposer les débris végétaux verra son réchauffement ralenti.

Ainsi, affronter les épisodes de manque d’eau par des pratiques culturales optimales visant un rendement maximal est le meilleur moyen de prévention et d’adaptation à la crise climatique.

Le choix et l’utilisation de variétés résistantes et la ­référence constante à la santé du sol représentent les avenues de solutions pour faire face à « l’ennemi ».

Pour recharger le profil du sol, la « litière » à la surface peut atténuer les périodes de sécheresse en conservant l’humidité de la pluie ou de la neige.

Des études démontrent d’ailleurs que les chaumes ­emprisonnent environ 70 % plus d’eau sous la pluie ou la fonte des neiges avec une capacité de stockage de l’humidité du sol supérieure au travail conventionnel où l’on affecte la porosité. Ces bénéfices s’appliquent aux propriétés physiques telles l’infiltration accrue de l’eau, le maintien des macropores et la réduction du ruissellement en période de pluie.

Retenir l’eau

On estime aussi que chaque passage de machinerie peut conduire à une perte d’environ 1/4 de pouce d’humidité, variable selon la texture du sol, la teneur en matière organique et le volume de résidus.

Le problème ne réside pas dans le manque d’eau, mais dans la capacité de retenir la précieuse ressource. Une gestion des sols adaptée, appropriée et sans perturbation permet de pallier cet enjeu du 21e siècle. 

Roger Riendeau, collaboration spéciale