fbpx
À la simple vue de cette configuration de plancher à partir de la sortie du ventilateur, on comprend que le passage de l’air sera entravé. Crédit photo : Nicolas St-Pierre

À la simple vue de cette configuration de plancher à partir de la sortie du ventilateur, on comprend que le passage de l’air sera entravé. Crédit photo : Nicolas St-Pierre

Le séchage à froid : pourquoi pas?

Pour livrer un grain de qualité, les producteurs auraient avantage à s’intéresser au séchage à l’air ambiant, ou à basse température, une technique méconnue, mais bien documentée. Elle requiert cependant de travailler dans des conditions climatiques optimales, c’est-à-dire lorsque l’air est plus sec que le grain (potentiel hygroscopique).

Le séchage à l’air ambiant peut représenter un défi. Pour le relever, quelques conditions de base sont à respecter. 

• Récolte et mise en silo

La moissonneuse-batteuse doit être bien ajustée pour assurer la propreté des grains. Dans la mesure où la présence d’impuretés est importante, l’utilisation d’un crible peut être nécessaire. Également, la masse de grains dans le silo doit être uniforme afin d’assurer le passage de l’air sur toute la surface.

• Débit de ventilation

La clé dans le séchage à l’air ambiant est le débit de ventilation. Afin d’assurer une capacité d’assèchement, des débits de l’ordre de 1 à 3 CFM/bu, selon l’humidité du grain, sont à viser. La puissance du ventilateur nécessaire pour produire un tel débit sera calculée en fonction du type de grain, du diamètre et de la capacité du silo ou de l’épaisseur de grains à sécher. Pour la ventilation à l’air ambiant, il est préférable d’utiliser des silos de plus grand diamètre et de limiter la hauteur à six sections (dans le cas de sections de 44 pouces).

• Choix du ventilateur

Les appareils idéaux pour le séchage à l’air ambiant sont les ventilateurs centrifuges à basse vitesse et axiaux (inline). Cette catégorie de ventilateurs offre des débits intermédiaires et tolère bien la pression statique. Les ventilateurs centrifuges à haute vitesse peuvent aussi être utilisés, mais ils génèrent moins de débit. Il se peut donc que deux ou trois ventilateurs montés en parallèle soient nécessaires. Le graphique illustre la courbe d’efficacité des différents types de ventilateurs offerts sur le marché.

• Configuration des équipements

Si la fonction du ventilateur est d’insuffler de l’air dans une masse de grains, encore faut-il qu’il puisse la traverser. Toute restriction que l’air rencontrera dans son parcours aura comme impact de réduire la capacité du ventilateur. Que ce soit la transition du ventilateur, la configuration du plancher ou le nombre de sorties d’air, tous ces facteurs ont une incidence sur les performances de l’appareil. L’une des erreurs les plus fréquentes concerne le positionnement du ventilateur en fonction de la vis de déchargement. Par exemple, une configuration perpendiculaire amènera une restriction par le sous-plancher (cas de support en « C »), ce qui limite grandement le passage uniforme de l’air dans la masse de grains. Un angle de transition entre le ventilateur et le silo trop incliné, des débris accumulés sous le plancher et un manque de sorties d’air sont d’autres situations qui risquent de réduire le passage de l’air.

La clé du succès

D’un point de vue global, la technique de séchage à l’air ambiant représente une méthode efficace pour maintenir la qualité des grains récoltés. Toutefois, avant toute chose, si vous désirez utiliser cette méthode, adaptez d’abord vos installations en conséquence. Ciblez les silos les plus adaptés à cette technique, mais aussi, portez une attention particulière à la récolte et à la mise en silo et ventilez en fonction des conditions climatiques.

Les risques liés au séchage à l’air chaud 

Souvent, l’utilisation d’une source de chaleur trop élevée affectera la qualité du grain par :

une perte de poids spécifique (perte de sucre par évaporation);
de la fissuration;
le brunissement;
• une baisse du pouvoir germinatif;
une détérioration de la valeur alimentaire;
l’acidification de la matière grasse.

Nicolas St-Pierre / agronome, Enseignant-chercheur au Collège d’Alma