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Hortau commercialise une technologie capable de prédire les besoins en eau propres à chaque parcelle.

Hortau commercialise une technologie capable de prédire les besoins en eau propres à chaque parcelle.

Hortau : amener l’intelligence artificielle jusque dans les champs

Automatiser l’arrosage des champs de façon à réduire le gaspillage d’eau, d’engrais et de pesticides : voilà la promesse d’Hortau. Grâce à sa technologie brevetée, l’entreprise de Lévis fait déjà de l’agriculture de précision une réalité pour bien des producteurs. Et elle intègre maintenant l’intelligence artificielle à sa solution pour la rendre encore plus efficace!

Jocelyn Boudreau n’a pas relâché l’accélérateur depuis qu’il a cofondé Hortau en 2002. À preuve, son entreprise compte désormais 45 travailleurs à son siège social de Lévis, en plus de 35 autres postés ailleurs au pays et dans le monde.

L’histoire de l’entrepreneur a commencé à l’Université Laval, où il terminait ses études de maîtrise en génie agroenvironnemental. En compagnie de son superviseur Jean Caron, il a lancé ce qui devait être au départ une entreprise de consultation en gestion de l’eau. Mais voyant tout le potentiel de son expertise, le duo a osé voir plus loin.

Hortau commercialise aujourd’hui un système de gestion de l’arrosage qui conjugue génie de terrain, technologies sans fil et applications Web. Disposées dans les champs, des sondes mesurent la « tension du sol », un paramètre qui jauge indirectement sa teneur en eau, qu’il soit sableux ou argileux. Les données sont par la suite envoyées par ondes cellulaires à un serveur qui les traite et émet ses recommandations. Le client accède à l’information via une interface Web.

Pour l’instant, l’entreprise trouve la plupart de ses clients en Californie. Jocelyn Boudreau y a même déménagé voilà quatre ans, question de se rapprocher de ses clients, qui sont essentiellement des producteurs de petits fruits, d’amandes et de noix.

L’entreprise ne s’assoit toutefois pas sur ses lauriers et continue à innover. « On cherche à rendre l’utilisation de la technologie la plus simple possible, explique le cofondateur d’Hortau, mais simplifier tout ça, c’est très complexe. »

L’entreprise reste aussi à l’affût de tout ce qui lui permettrait d’améliorer ses prédictions en arrosage et en gestion des fertilisants et des pesticides.

L’entreprise reste aussi à l’affût de tout ce qui lui permettrait d’améliorer ses prédictions en arrosage et en gestion des fertilisants et des pesticides.

Intelligence artificielle

Hortau vient d’ailleurs d’obtenir un soutien de 5,9 M$ de Technologies du développement durable Canada (TDDC) pour l’appuyer dans ses démarches. Ce fonds appuie les initiatives qui ont un impact positif sur l’environnement.

Mais l’entreprise reste aussi à l’affût de tout ce qui lui permettrait d’améliorer ses prédictions en arrosage et en gestion des fertilisants et des pesticides. Elle intègre d’ailleurs de l’intelligence artificielle, plus précisément de « l’apprentissage machine », à sa plateforme.

« Plusieurs facteurs comme la température ou la quantité d’eau et de fertilisants changent rapidement pendant une saison, explique Jocelyn Boudreau. On souhaite analyser tous ces facteurs de façon à anticiper les variations. »

Pour l’instant, Hortau s’affaire à fournir une quantité de données à ses ordinateurs pour qu’ils soient capables d’anticiper les besoins d’une parcelle de terre en eau et en fertilisants.

« La gestion de tous ces paramètres est complexe, explique l’entrepreneur. Finalement, tout ce qu’on veut, c’est une réponse simple aux questions suivantes : quelle quantité d’eau et de fertilisants doit-on ajouter et à quel moment le faire? »

En intégrant les données des prévisions météorologiques au tout, la technologie d’Hortau devrait être capable d’estimer une à deux semaines à l’avance les besoins d’une terre en ­fertilisants et en eau.

« On voit qu’on peut augmenter de beaucoup la productivité agricole en utilisant de façon optimale l’eau, les fertilisants et les pesticides, explique Jocelyn Boudreau. En se servant d’outils numériques, on réduit non seulement les dépenses du producteur, mais aussi son impact sur l’environnement. »  

Martin Primeau, journaliste