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SpaceSense utilise les données radar, ce qui évite les problèmes liés au couvert nuageux.

SpaceSense utilise les données radar, ce qui évite les problèmes liés au couvert nuageux.

Équipement : Le SIMA en mode virtuel

Faute de pouvoir se réunir en personne, l’organisation du SIMA de Paris a mis sur pied une journée média en janvier dernier. Profitant de l’occasion, l’UtiliTerre a virtuellement rencontré des représentants de quelques entreprises pour leur permettre de présenter leurs produits et discuter des prochaines tendances en matière d’équipement.


Imagerie : le radar au cœur de la prise de décision

Sami Yacoubi, cofondateur de SpaceSense.

Sami Yacoubi, cofondateur de SpaceSense.

Avec la montée en force de l’agriculture de précision et des outils permettant de traduire des images satellites en données compréhensibles, le producteur est plus performant que jamais dans ses champs. Une entreprise française spécialisée dans l’analyse d’imagerie satellite combinée avec l’intelligence artificielle propose maintenant une munition de plus à ajouter à l’arsenal, le SpaceSense.

À l’instar de ses concurrents, l’outil offre des lectures NDVI et une cartographie complète variable des terres. Là où l’approche est un peu différente, c’est que l’entreprise offre également un service qu’elle nomme « Beyond Cloud ». La clé de celui-ci : l’utilisation de données radar.

« Nous avons une très bonne expertise de l’imagerie radar, ce qui nous permet de voir certaines choses qu’on ne voit pas ailleurs », explique Sami Yacoubi, cofondateur de SpaceSense, qui rappelle que le couvert nuageux n’est pas un problème pour la captation de données par satellite.

En plus d’une cartographie sur l’état de santé des plantes, le service peut également fournir des informations hydriques. En nourrissant un système de données de capteurs au sol dans une zone spécifique et en superposant ces informations à des données satellitaires, SpaceSense peut obtenir un portrait global qui permettra d’estimer, simplement à l’aide des images, la valeur volumétrique d’humidité jusqu’à 30 centimètres de ­profondeur.

« Après avoir obtenu ces informations sur une culture donnée dans une région donnée, on peut même créer des modèles pour les parcelles qui se retrouvent dans une même situation, simplement avec les images », explique celui qui établit des partenariats avec de nombreux fournisseurs, notamment Decisive Farming, au Canada.


Automatisation : un cheval de travail autonome

Il existe aujourd’hui un florilège de tracteurs robotisés. Certains sont automatisés, certains sont électriques, d’autres modulables. L’offre est de plus en plus diversifiée en la matière et c’est dans cette optique que l’entreprise française SITIA a dévoilé son tracteur autonome hybride, le ­TREKTOR, en décembre 2019.

Le tracteur est propulsé par des batteries totalisant 14 kW, qui sont elles-mêmes alimentées par un moteur diesel. Le fabricant estime à environ 70 % l’économie de diesel par rapport à un modèle « traditionnel » à diesel. Le TREKTOR développe environ l’équivalent de 50 chevaux. Il peut tracter plus d’une tonne et soulever des outils d’une tonne.

« Le problème avec le 100 % électrique en ce moment, c’est qu’on finit par avoir besoin de batterie pour transporter plus de batteries », soulève Fabien Arignon, directeur général de SITIA. « Quand on roule seulement à l’électricité, il y a du temps de recharge. Avec un hybride, on peut maximiser les fenêtres de travail et faire rouler le tracteur 24 h/24 quand la météo est clémente. »

D’ailleurs, M. Arignon insiste sur le fait que le TREKTOR a été développé avec une seule idée en tête, celle d’améliorer la qualité de vie des producteurs.

« On ne veut pas être des donneurs de leçon par rapport à l’environnement. On donne un outil pour permettre aux agriculteurs de continuer à faire ce qu’ils font en se tournant vers l’avenir s’ils le désirent », insiste le pilote de l’entreprise qui s’est lancée dans l’agriculture automatisée en 2014.

Le TREKTOR a aussi une composante modulable intéressante. Il peut s’étirer en largeur et en hauteur pour modifier son empattement. Il peut ainsi s’adapter à différentes cultures, mais aussi à différents stades de développement des plantes. Utilisé en France dans la viticulture, l’arboriculture et le maraîchage, le tracteur pourrait traverser l’Atlantique dans les prochaines années, l’entreprise SITIA étant toujours en quête d’un distributeur en Amérique du Nord. 

Le TREKTOR peut s’élever pour passer au-dessus des cultures. Photo : Gracieuseté de SITIA

Le TREKTOR peut s’élever pour passer au-dessus des cultures. Photo : Gracieuseté de SITIA