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Le robot de la compagnie Elmec, de Trois-Rivières, est en essai cet été dans une ferme maraîchère de Lanaudière. « Cette année, on peaufine les méthodes de guidage par GPS et par caméra avec intelligence artificielle. On a besoin de beaucoup d’images pour entraîner le robot à reconnaître les cultures. On vise aussi à sarcler des champs complets cette année. On pense produire six unités cet hiver dans le but de créer une flotte qui fonctionnera en synchronisme l’an prochain », dit l’ingénieur Samuel Pittet. Photo : Elmec

Le robot de la compagnie Elmec, de Trois-Rivières, est en essai cet été dans une ferme maraîchère de Lanaudière. « Cette année, on peaufine les méthodes de guidage par GPS et par caméra avec intelligence artificielle. On a besoin de beaucoup d’images pour entraîner le robot à reconnaître les cultures. On vise aussi à sarcler des champs complets cette année. On pense produire six unités cet hiver dans le but de créer une flotte qui fonctionnera en synchronisme l’an prochain », dit l’ingénieur Samuel Pittet. Photo : Elmec

Des robots agricoles à vendre, à louer et à forfait

Le sujet paraît futuriste, mais demeure bien d’aujourd’hui : les robots agricoles servant notamment à désherber les champs sont déjà offerts aux agriculteurs, et ce, selon trois stratégies différentes de mise en marché. Acheter, louer ou payer à forfait. Voici le nouveau monde des robots.

Vente

La compagnie Naïo Technologies opte tout simplement pour le concept de vente. Le producteur agricole peut donc devenir propriétaire de son robot désherbeur Oz pour un total de près de 50 000 $, auquel s’ajoute le forfait du signal GPS annuel à 1 500 $. Le robot remplace deux à trois travailleurs, ce qui entraîne un retour sur investissement intéressant, assure Benoit St-Laurent, président de l’entreprise GMABE, qui distribue le produit au Québec. Le soutien technique et la préparation des cartes de guidage annuelles sont inclus dans les frais de 1 500 $, mais l’agriculteur a ensuite la responsabilité de comprendre et d’utiliser lui-même le robot. « Il y a un peu de travail de la part du producteur, pour s’assurer que le robot emploie des données précises, mais ça s’apprend bien », dit M. St-Laurent.

Forfait

L’un des trois autres robots qui se pointent le nez sur le marché québécois est celui de la marque Elmec. Ce dernier ne sera pas vendu, mais offert à forfait. D’ici quelques années, la compagnie Elmec, de Trois-Rivières, compte se promener d’une ferme à l’autre avec ses flottes de quelques robots qui accompliront les tâches demandées. L’ingénieur en chef Samuel Pittet dit qu’il serait trop onéreux pour l’agriculteur d’acheter une flotte de robots. « Pour l’instant, ce n’est pas un marché de volume, et une flotte coûterait près du million de dollars. Le retour sur investissement ne serait pas rapide [pour le producteur]. Aussi, ce sont des équipements compliqués et le soutien technique deviendrait tout aussi compliqué pour nous! On le voit plutôt comme un service à forfait, selon les besoins des fermes », exprime-t-il. L’ingénieur ajoute qu’au-delà du désherbage, le robot peut capter des multitudes de données sur le sol et les plantes. Elmec analysera ces données et pourra les décortiquer pour la ferme, un service qui ajoutera de la valeur aux yeux du producteur et qui permettra de fidéliser le client, fait valoir M. Pittet.

Location

Chez Nexus Robotics, le robot désherbeur devrait être commercialisé l’an prochain et l’entreprise a décidé d’opter pour une formule de location plus, c’est-à-dire que la ferme défraie par exemple 50 000 $ par année pour un robot qui, selon le cofondateur Teric Greenan, remplace jusqu’à cinq humains. Le robot demeure tout l’été à la ferme. Nexus Robotics s’occupe au départ de le mettre en marche, de le calibrer et de créer entièrement les cartes de guidage sur place. Pour le reste de la saison, l’agriculteur est responsable de déplacer le robot, de le ravitailler, etc. Le prix de 50 000 $/an est approximatif, les données collectées au champ cette année permettront de fixer un prix plus précis pour l’an prochain.

Les agriculteurs embarqueront-ils?

Les trois détaillants de robots désherbeurs interrogés par La Terre mentionnent tous un intérêt marqué de la part des agriculteurs, lesquels disent en avoir assez des problèmes de main-d’œuvre. Est-ce que les producteurs passeront de la parole aux actes? Ce n’est pas le signal que reçoit présentement Benoit St-Laurent, dont le robot désherbeur Oz est déjà sur le marché sans que les ventes soient élevées. « On dirait que les agriculteurs sont standby. C’est sûr qu’il y a un certain conservatisme en agriculture; j’y suis habitué. Aussi, on frappe le mur des subventions. Le robot entre dans la catégorie des tracteurs et le gouvernement ne subventionne pas les tracteurs. Beaucoup me parlent des subventions », commente M. St-Laurent. Le robot de Nexus Robotics devrait être commercialisé dès l’an prochain. L’entreprise mène des essais chez des agriculteurs. « Plusieurs ont exprimé de l’intérêt, mais on ne sait pas avant d’avoir une signature », dit le cofondateur Teric Greenan.