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Métier : Chef de culture de cannabis

Stéphane Bertrand n’aurait jamais pensé faire un virage vers le cannabis en moins d’un an. De plus grand producteur de tomates roses en Amérique du Nord, il est devenu en 2018 président de l’une des deux entreprises de production de cannabis au Québec.

Contrairement à la croyance populaire, ce ne sont pas des graines mises en terre qui font pousser les plants de cannabis. C’est plutôt Canopy Growth qui a fourni les premiers plants mères aux Serres Mirabel. Le premier objectif était de les cloner. C’est la première étape dans la chaîne de production.

« Nous prélevons des clones de ces plants et nous produisons de nouvelles plantations dans plusieurs zones les unes après les autres, explique le président des Serres Mirabel, Stéphane Bertrand. La génétique de ces plants est exclusive à Canopy Growth. » 

De plus, un laboratoire a été mis sur pied pour vérifier la qualité de l’eau et de l’air afin d’éviter toute contamination avec les produits. « Avant d’entrer dans une zone, des responsables en contrôle de qualité vérifient manuellement tout ce qui pourrait faire l’objet d’une source de contamination », ­souligne M. Bertrand.

La production ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut être patient. Au début, les plants poussent dans ce qu’on appelle la pouponnière. Au terme des deux premiers mois, le temps est venu de prélever les plants mères. 

Pour le producteur, l’opération consiste alors à recueillir les petites boutures à l’aide de ciseaux, un travail minutieux et de longue haleine.
Le producteur en prélève une cinquantaine par plant mère. Les plantes sont ensuite redirigées vers une zone végétative pour leur permettre d’atteindre une certaine maturité, une étape qui durera quelques semaines.

Afin d’obtenir les résultats escomptés, le nombre d’heures d’ensoleillement est très important. Pour que la plante ne génère pas de fleurs, le producteur doit lui fournir 18 heures de lumière par jour. Mais le travail ne se termine pas là.

Stéphane Bertrand doit ensuite déménager les plantes vers une zone de floraison où elles bénéficieront d’une période d’ensoleillement maximale de 12 heures par jour. 

Dès lors, la génétique de la plante se met en branle, l’entraînant à produire des « bébés » ou fleurs. Selon la variété, le temps nécessaire à la pousse varie de deux à trois mois. Au terme de cette étape, des employés effectuent les prélèvements pour recueillir des cocottes ou procèdent à de l’extraction pour obtenir de l’huile.
Exception faite d’un masque et d’un bonnet permettant d’éviter toute contamination avec les plants, le coffre à outils du producteur se résume à de petits ciseaux. En effet, la taille est une étape essentielle à la récolte de belles fleurs. « Il faut nettoyer les petites feuilles qui ne pourraient pas être fumables ou bonnes pour l’extraction. L’objectif est d’obtenir une belle récolte de fleurs pour les envoyer ensuite au séchage, à l’extraction ou au récréatif. C’est marginal comme tâche, prenant et laborieux comme travail », dit Stéphane Bertrand.

Une fois la production complétée, la matière brute est expédiée chez Canopy Growth. « Nous ne faisons pas d’empaquetage ici, à Mirabel, explique M. Bertrand. Nous ne sommes pas ­équipés pour ça. C’est Canopy qui ­s’occupe de l’embouteillage et des autres ­opérations. »  

Bernard Gauthier, collaboration spéciale