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La biologie agricole n’a plus de secret pour Mélanie Gauthier.

La biologie agricole n’a plus de secret pour Mélanie Gauthier.

Mélanie Gauthier : biologiste agricole

SAINTE-ANNE-DE-LA-POCATIÈRE — Des biologistes agricoles, on en retrouve de plus en plus au Québec, selon Mélanie Gauthier, qui exerce ce métier depuis 2013 chez AgroEnviroLab, à Sainte-Anne-de-la-Pocatière. « Notre travail est complémentaire à celui des agronomes. Le biologiste considère l’ensemble global de l’écosystème agricole. Ses travaux aideront l’agronome à poser le meilleur diagnostic à la ferme », résume-t-elle.

« Comme biologiste agricole, dit-elle, je vais essayer de comprendre la dynamique du sol, de sa microbiologie. » Ce sont souvent les agronomes, parce qu’ils sont en contact direct avec les producteurs, qui demandent une analyse de sol dans le but de répondre le mieux possible à une problématique. « [Comme les agronomes], nous voulons satisfaire aux besoins de rendement des agriculteurs dans une optique de gestion durable », poursuit Mme Gauthier.

Du terrain au laboratoire

Une bonne partie du travail de Mélanie Gauthier consiste à rédiger des demandes de subventions en recherche et développement, à faire l’analyse de données ou encore à participer à des réunions avec des partenaires dans le but d’interpréter ces résultats. Bien qu’elle travaille en étroite collaboration avec une agronome et une technicienne, Mme Gauthier effectue aussi quelques interventions en laboratoire. Les locaux d’AgroEnviroLab sont situés dans l’édifice du Centre de développement bioalimentaire du Québec (CDBQ) à Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

Difficile toutefois pour Mélanie Gauthier de brosser le portrait type d’une journée de travail. Ça peut varier selon les saisons. De mai à la fin octobre, elle se rendra davantage aux champs pour y faire des prélèvements sur des parcelles de sols ou pour aller chercher des échantillons de tissus végétaux qui serviront ensuite aux analyses en laboratoire.  À cela s’ajoute un volet que Mélanie aime beaucoup, celui de formatrice et de conférencière. L’an dernier, elle a donné un cours de physiologie végétale à l’Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière. Sa spécialité est la santé des sols.

Passionnée par les végétaux et leur génétique

Comment Mélanie Gauthier en est-elle venue à exercer le métier de biologiste agricole? « Par une série de hasards et un concours de circonstances », lance-t-elle en riant. Avant d’entrer chez AgroEnviroLab, elle a travaillé dans un laboratoire de recherche en biologie cellulaire (JustBio) et enseigné les mathématiques au Cégep de Rivière-du-Loup. « Je faisais de la recherche sur les effets bénéfiques de breuvages élaborés à partir de plantes médicinales et de petits fruits du Québec sur la santé humaine. J’ai d’ailleurs publié un article scientifique portant sur les effets énergétiques d’un breuvage », raconte Mme Gauthier. C’est la fermeture de ce laboratoire et son amour pour le Kamouraska qui l’ont conduite vers la biologie agricole, un domaine qui se marie parfaitement avec sa passion pour les végétaux.

Après l’obtention de son baccalauréat en biologie en 2008, Mélanie Gauthier a fait une maîtrise en biologie végétale et développé un intérêt marqué pour la génétique des plantes. Elle vient également de commencer un doctorat en santé des sols. Selon elle, la créativité, la rigueur et la curiosité sont essentielles à l’exercice du métier de chercheuse. Il faut aussi aimer la communication et le travail en équipe.

Un ordinateur avec un logiciel de statistiques

L’ordinateur est très important pour Mélanie Gauthier puisqu’il lui permet de rédiger les demandes de financement pour les projets de R et D, mais aussi de préparer les formations et conférences qu’elle offre aux agronomes et aux producteurs. Avec un logiciel de statistiques, elle peut compiler et analyser les données récoltées au champ et au laboratoire afin de tirer les meilleures conclusions possible.

Une sonde d’échantillonnage

Cet outil sert à prélever les échantillons de sol qui seront ensuite analysés en laboratoire selon des paramètres chimiques, physiques et biologiques. Il permet d’échantillonner le sol sur 20 cm de profondeur de façon plus rigoureuse qu’avec une pelle. Une grande partie des racines des plantes vont croître dans ces premiers centimètres, qui constituent la zone arable, et y prélèveront des éléments nutritifs. C’est aussi dans cette zone que l’on retrouve une grande diversité de microorganismes à étudier.

Un bon sens de l’observation

Loin d’être une matière inerte, le sol est extrêmement variable d’un champ à l’autre, d’un village à l’autre, d’une région à l’autre, etc. Quand on est en mesure de bien l’observer, on constate qu’il est composé de proportions de matière minérale différentes. Le taux de matière organique est différent. La vie qui s’y trouve est aussi très variable. « Tout cela aura une incidence sur la qualité et la fertilité du sol, ce qui influencera l’interprétation de mes résultats de recherche et les conseils futurs que je donnerai à l’agronome et au producteur », souligne Mélanie Gauthier.

Maurice Gagnon, collaboration spéciale