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Samuel Tremblay est dépisteur au consortium Prisme.Crédit photo : Charles Prémont

Samuel Tremblay est dépisteur au consortium Prisme.Crédit photo : Charles Prémont

Dépisteur : détecter les signes avant-coureurs d’un problème

Arpentant les champs pas à pas, le dépisteur aide les producteurs à protéger leurs cultures. L’objectif est de découvrir les signes avant-coureurs d’un problème pour être en mesure d’appliquer rapidement un traitement efficace et précis, afin de maximiser les rendements.

Le dépisteur travaille avec deux autres personnes : l’agriculteur, qui veut faire inspecter ses champs, et un agronome. Son rôle est de faire le lien entre les deux. Il va sur les terres du producteur pour amasser des informations qui seront ensuite analysées par l’agronome. Celui-ci établira un diagnostic et proposera un traitement, le cas échéant.

Sous un soleil de plomb, en sueur dans l’humidité de l’été ou mouillé par une averse, le dépisteur ne doit pas avoir peur des aléas de la météo pour pratiquer son métier. « C’est le principal inconvénient, avoue Samuel Tremblay, dépisteur depuis 2012 et employé du consortium Prisme. Peu importe le temps qu’il fait, on doit aller aux champs et c’est sûr que de passer la journée mouillé, ça la rend plus difficile. Mais en même temps, lorsqu’il fait beau, qu’il y a une petite brise et quelques nuages, tu adores ton métier! »

Le métier de dépisteur est d’abord un travail d’observation. Il faut trouver des indices de ravageurs qui pourraient faire des dommages si l’on n’agit pas à temps. « Ce qu’on dit aux gens qui viennent suivre notre formation, mentionne Samuel, c’est que s’ils ont des lunettes, ils doivent les mettre. Les symptômes que l’on recherche sont petits et parfois trompeurs, par exemple un insecte de couleur verte sur une feuille de laitue ou des marques brunes à la base d’une plante. Si tu ne vois pas clair, tu risques de passer à côté et après, il sera trop tard. »

Toujours selon Samuel, le défi de ce métier, c’est de trouver les problèmes avant l’agriculteur. « C’est pour ça qu’il nous paie. Il faut demeurer alerte. Parfois, on se promène dans un champ depuis une heure et on ne voit rien d’anormal. C’est facile de se dire que tout va bien. Mais rien n’est moins sûr. Il faut toujours être à l’affût parce que si on laisse passer quelque chose et qu’il fait chaud pendant quatre jours avant qu’on revienne, il sera peut-être trop tard. Avec les insectes, ça peut aller très vite. »

Il faut aussi connaître tous les signes avant-coureurs d’un problème. « En raison du réchauffement climatique, on a de nouveaux ravageurs qui viennent du Sud, explique-t-il. Il faut savoir reconnaître les symptômes, même si on n’a jamais eu ce genre d’ennui avant. »

Chaque légume a sa particularité. On ne cherche pas les mêmes indices dans un champ de carottes que dans une fraisière. De plus, quelques-uns deviennent très familiers avec certaines cultures puisqu’ils sont assignés à une ferme en particulier, alors que d’autres évoluent en véritables généralistes. « Certaines exploitations sont assez grosses pour engager un, voire deux dépisteurs à temps plein, explique Samuel. Les agriculteurs qui ont de petites productions vont se rabattre sur un club comme le consortium Prisme. Les dépisteurs qui visitent plusieurs fermes doivent aimer faire de la route. Pour ma part, je suis en déplacement durant 10 % de mon temps. »

Divers chemins mènent vers ce métier. Comme il s’agit d’un travail saisonnier, plusieurs étudiants s’y adonnent. Outre les formations en agronomie ou en horticulture, on peut aussi réussir à se tailler une place en faisant des études en écologie ou en biologie. « Comme dans n’importe quel métier, c’est l’expérience qui finit par compter. On en vient à avoir l’œil et les producteurs aiment faire affaire avec le même dépisteur année après année. »

Charles Prémont, collaboration spéciale.