fbpx
Vous trouverez sur Agri-Réseau une page consacrée au transfert d’entreprises avec des capsules de conférences, des outils et des événements. Photo : Archives/TCN

Vous trouverez sur Agri-Réseau une page consacrée au transfert d’entreprises avec des capsules de conférences, des outils et des événements. Photo : Archives/TCN

Reprendre une ferme : plus qu’une transaction… un processus humain

En contribuant au dépeuplement des territoires agricoles, le phénomène du démantèlement des fermes a un impact considérable sur la pérennité de l’agriculture et le dynamisme des régions.

À l’opposé d’un démantèlement, un transfert d’entreprise permet à la relève de bénéficier du savoir des propriétaires et favorise le démarrage de nouvelles entreprises viables.

Le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) mène un projet visant à sensibiliser les producteurs et la jeune relève aux enjeux de l’entrepreneuriat agricole et du transfert de ferme. Au-delà des volets technico-économiques, juridiques et légaux, c’est l’aspect humain qui est garant du succès d’un maillage entre un aspirant agriculteur et un propriétaire en voie de céder son entreprise.

Dans le cadre de la Journée intergénérationnelle organisée par le CRAAQ à l’automne dernier, les conférencières Martine Deschamps et Cynthia Doyon, conseillères en transfert d’entreprises, ont parlé de l’importance de l’aspect humain dans le processus de transmission d’une ferme à une relève non apparentée.

Il faut savoir qu’un propriétaire agricole devient un cédant aussitôt qu’il réfléchit à la continuité de sa ferme. Il s’avère qu’environ 66 % des propriétaires d’entreprises agricoles n’ont pas de plan de transfert. Les entrepreneurs consacrent en moyenne 80 000 heures à bâtir leur entreprise et de 6 à 10 heures à planifier leur retrait de l’agriculture. Il y a de la sensibilisation à faire, car le processus demande réflexion et planification. Mais pourquoi parle-t-on de transfert de ferme et non de vente ou de succession? C’est que les différences sont notables entre les deux processus : alors que la vente est axée sur l’aspect transactionnel, le transfert implique la passation du pouvoir, du savoir et évidemment des biens. La démarche de transfert est plus longue et les deux parties doivent cheminer ensemble dans ce processus. C’est à ce moment que l’environnement psychosocial prend toute son importance.

Au cœur de la démarche de transfert se situe la volonté du propriétaire que son entreprise perdure. Le cédant doit mettre à profit ses habiletés de communication pour communiquer clairement avec la relève, exprimer ses émotions et faire preuve d’ouverture lorsque cette dernière prendra plus de décisions dans l’entreprise. Si les défis sont nombreux pour le cédant, ceux-ci peuvent être facilement surmontés avec une relève bien préparée. 

Aurélie Munger, collaboration spéciale