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Les personnes qui travaillent à la ferme n’ont pas tous le même caractère, ce qui peut créer des tensions entre les membres de l’équipe à la ferme. Photos : Shutterstock

Les personnes qui travaillent à la ferme n’ont pas tous le même caractère, ce qui peut créer des tensions entre les membres de l’équipe à la ferme. Photos : Shutterstock

Quand la complémentarité des styles donne de la force aux décisions

Décider, c’est faire un choix entre plusieurs solutions, en fonction des objectifs que nous avons et des informations que nous possédons1. En même temps, nous n’avons pas tous les mêmes styles de caractère pour prendre les décisions, ce qui peut créer des tensions entre les membres de l’équipe à la ferme.

Des styles rationnels, intuitifs, dépendants, évitants et spontanés existent2. Tous ont leurs avantages selon les situations. Le rationnel se caractérise par une recherche complète d’informations et une évaluation logique des solutions. Par exemple, magasiner une nouvelle batteuse va l’amener à prendre le temps de regarder tous les modèles, de calculer les coûts en fonction des rendements, d’évaluer les subventions pour les modèles électriques, etc.

L’intuitif, lui, achètera sa batteuse en se fiant à ses sensations du moment et un peu au feeling. Il prendra en considération les informations qui correspondent à ses valeurs et à ses attentes.

Le dépendant fera le tour des personnes qui l’entourent pour demander leurs conseils, afin de peser le pour et le contre avant de prendre une décision. Il consultera ses voisins, les différents concessionnaires et fouillera sur Internet. Cela peut être intéressant lorsque les choix sont grands et les ­informations plus difficiles à obtenir.

Le style évitant tentera de repousser l’achat de la machinerie. Cette ­approche peut permettre de gagner du temps afin de déterminer les ­besoins réels de l’entreprise.

Finalement, les spontanés prendront une décision le plus rapidement possible. Cela peut être utile lors des situations d’urgence ou encore lorsque des occasions d’affaires se présentent dans un marché compétitif.

Tous ces styles peuvent cohabiter au sein de la ferme. Une réflexion de groupe sera utile afin de diminuer les enjeux rencontrés. Puis, cette réflexion peut être guidée par des questions comme : Quelles raisons motivent ma décision? Quel est le besoin qui demande qu’une décision soit prise? Quelles sont les informations que j’ai pour prendre ma décision? Quels sont les résultats et les impacts anticipés (positifs et négatifs)?

C’est la complémentarité des styles qui donne de la force aux prises de décisions. Encore faut-il faire preuve de respect, d’ouverture et d’écoute. N’hésitez pas non plus à vous faire accompagner par des conseillers, au besoin, dans ce processus.

Jean-Christophe Durand / M. Sc., Ph. D., conseiller en relations humaines et transfert d’entreprise, Groupe ProConseil


1. http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8390539

2. Scott, S. G., & Bruce, R. A. (1995). Decision-making style: The development and assessment of a new measure. Educational and Psychological Measurement, 55(5), 818-831. doi: 10.1177/0013164495055005017


Cet article a été publié dans le cahier VIA Pôle d’expertise en services-conseils agricoles.