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Les propriétaires de la Ferme Témistar, Édith Lafond et Richard Robert, en compagnie de leurs enfants. © Hugo Lacroix, MAPAQ

Les propriétaires de la Ferme Témistar, Édith Lafond et Richard Robert, en compagnie de leurs enfants. © Hugo Lacroix, MAPAQ

La Ferme Témistar offre un voyage dans le sud

Afin de combattre le problème de la rétention de personnel qualifié, les gestionnaires de la Ferme Témistar ont fait appel à un allié qui sort de l’ordinaire : le chaud soleil des Tropiques.

Depuis maintenant quatre ans, les propriétaires de la ferme laitière de Saint-Eugène-de-Guigues, Édith Lafond et Richard Robert, utilisent une méthode originale pour motiver leur employé régulier, Francis, à demeurer en poste : tous les trois ans, ils lui offrent un voyage dans le Sud.

« Depuis quelques années, nous éprouvions beaucoup de misère à retenir des employés réguliers qualifiés. Après un an et demi maximum, le temps de les former, soit ils allaient travailler dans les mines, soit ils s’établissaient ailleurs. Nous ne savions plus quoi faire. Nous avions même proposé à un employé de l’aider à s’acheter une maison pour éviter qu’il retourne dans sa région d’origine, mais même ça, ça n’a pas fonctionné », raconte Édith Lafond.

Le Sud aux trois ans

Dès l’embauche de Francis, les propriétaires ont discuté avec lui de ses intérêts, de ses passions et de ses rêves. « Lorsque nous avons appris que lui et sa jeune famille n’avaient jamais vraiment eu de vacances d’été, nous lui avons proposé une prime de rétention un peu spéciale : tous les trois ans de service pour notre ferme, nous lui payerions un voyage pour deux dans le Sud. En cas d’empêchement majeur, le montant lui serait remis en prime. Il faut croire que ça marche puisque Francis est avec nous depuis maintenant quatre ans. Et quand j’en ai parlé à mon entourage, des gens m’ont demandé à la blague si nous avions d’autres postes disponibles à la ferme », mentionne Édith Lafond avec le sourire.

Cette prime de rétention s’est élevée à 3 000 $ pour la première tranche de trois ans. « Nous avons aussi convenu de la bonifier tous les trois ans afin de tenir compte de l’inflation. Pour les années 4, 5 et 6, ça nous coûtera ainsi 1 300 $ par année, 1 600 $ pour les trois suivantes et ainsi de suite », précise-t-elle.

Éviter les cadeaux empoisonnés

Comme la Ferme Témistar ne compte qu’un seul employé régulier et que ses deux employés saisonniers sont des membres de la famille maintenant à la retraite, l’implantation de la prime de rétention n’a pas posé de problème. Le modèle pourrait-il être étendu à plus d’un employé ou reproduit dans d’autres entreprises? Édith Lafond le souhaite, mais reconnaît que cela demande beaucoup de planification.

« Comme le montant est versé d’une seule traite et qu’il est imposable, il a aussi fallu s’assurer de ne pas offrir à notre employé un cadeau empoisonné, souligne-t-elle. On a donc travaillé étroitement avec notre comptable. »

Meilleure qualité de vie

La Ferme Témistar ne met toutefois pas tous ses œufs dans le même panier. En plus de la prime de rétention, elle offre des horaires plus flexibles en fonction des demandes de ses employés.

« Nous organisons également des activités de groupe, à raison d’une à trois fois par an, indique Mme Lafond. Ce peut être une randonnée de VTT, une journée au lac ou un barbecue, par exemple. Nous leur remettons aussi un petit cadeau à Noël, du chocolat à Pâques ou encore des bonbons à l’Halloween. Ce sont de petites attentions, mais ça fait toute la différence. Ce sont des éléments motivants et rétenteurs. Ça crée un lien de proximité entre les employeurs et les employés. Comme on ne peut pas concurrencer les salaires des mines, on y va avec les conditions de travail et la qualité de vie. »