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Les résultats de l’étude indiquent que les producteurs réussissent mieux lorsqu’ils sont ouverts aux conseils de leur voisinage et des experts. Photos : Archives / TCN

Les résultats de l’étude indiquent que les producteurs réussissent mieux lorsqu’ils sont ouverts aux conseils de leur voisinage et des experts. Photos : Archives / TCN

Finances - Trois stratégies pour faire croître votre entreprise

La croissance d’une entreprise est un enjeu fondamental pour plusieurs entrepreneurs, particulièrement pour les agriculteurs qui doivent composer avec une multitude de changements qui rendent le métier de plus en plus exigeant. Dans le cadre de ma maîtrise en administration des affaires et ayant moi-même grandi au travers de cette réalité, je me suis questionnée sur les différentes solutions mises en place par les agriculteurs de la région.

Une étude de terrain qualitative par le biais de trois entrevues avec des producteurs actifs de la région de Québec et une entrevue avec une directrice de l’organisation de l’Union des producteurs agricoles (UPA), bien au fait des défis quotidiens du métier, a été réalisée et analysée pour proposer des pistes à emprunter pour réussir. À la vue des données récoltées et de l’analyse des résultats obtenus, le constat principal est que la réussite de ces producteurs semble attribuable en grande partie à l’établissement de trois stratégies visant à maintenir un niveau de croissance élevé, soit une stratégie d’adaptation, une stratégie de diversification et une stratégie de collaboration.

1. Adaptation

L’investissement dans de nouvelles technologies telles que les systèmes GPS ou les robots de traite permettent d’engendrer un rendement supérieur sur une plus grande superficie de terres ou d’étable, en réduisant les besoins de main-d’œuvre et d’efforts physiques.

L’investissement dans de nouvelles technologies telles que les systèmes GPS ou les robots de traite permettent d’engendrer un rendement supérieur sur une plus grande superficie de terres ou d’étable, en réduisant les besoins de main-d’œuvre et d’efforts physiques.

L’investissement dans de nouvelles technologies telles que les systèmes GPS ou les robots de traite permet d’engendrer un rendement supérieur sur une plus grande superficie de terres ou d’étable, en réduisant les besoins de main-d’œuvre et d’efforts physiques. 

Par ailleurs, en intégrant ces nouvelles technologies aux activités de la ferme, on améliore les conditions de travail, ce qui facilite le recrutement de la relève en permettant aux producteurs de répondre aux exigences sociales des nouvelles générations de travailleurs.

La relève représente un élément décisif lorsque vient le moment d’envisager la croissance de l’entreprise. La majorité des producteurs sollicités mentionnent que sans relève, ils n’auraient jamais autant développé leur entreprise et auraient travaillé de façon plus modeste. Nous avons pu constater que l’établissement de contrats de travail adaptés aux besoins évolutifs des employés, tant étrangers que locaux, était intéressant pour les parties prenantes liées au contrat. Cela assure une rétention d’employés plus forte et une planification optimale.

Enfin, les logiciels conçus pour les entreprises œuvrant dans le secteur agricole parviennent à faciliter l’analyse de données au courant de l’année par le propriétaire afin qu’il puisse prendre de meilleures décisions concernant la croissance de l’entreprise. De plus, l’entrée de données dans le logiciel par l’administrateur lui fait réaliser des économies sur les honoraires professionnels.

2. Diversification

Diversifier leurs activités à la ferme (vente de produits dérivés, déneigement, etc.) permet de maintenir les producteurs occupés en plus de leur garantir des revenus tout au long de l’année.

Diversifier leurs activités à la ferme (vente de produits dérivés, déneigement, etc.) permet de maintenir les producteurs occupés en plus de leur garantir des revenus tout au long de l’année.

La deuxième stratégie à privilégier selon les résultats de notre analyse est celle de la diversification des opérations. Diversifier leurs activités à la ferme (vente de produits dérivés, déneigement, etc.) est une des façons mises de l’avant par nos répondants pour développer leur entreprise. Cela permet de maintenir les producteurs occupés en plus de leur garantir des revenus tout au long de l’année. Certaines productions diversifiées permettent même à une personne supplémentaire de s’installer à la ferme et d’être capable d’en vivre.

Le nombre de personnes employées à la ferme a des impacts sur le niveau d’activité à intégrer dans l’entreprise et peut engendrer une hausse appréciable des revenus lorsque les coûts sont décemment contrôlés. Également, le risque économique est réparti sur une plus grande base de clients, car les produits ou les services développés en parallèle s’adressent à différents marchés cibles. Aussi, cette diversification offrira une certaine protection contre les changements du contexte économique ou climatique.

Afin de maintenir les progrès de l’exploitation de l’entreprise, d’autres proposent un changement radical de production dans le but de contourner les règlements environnementaux de plus en plus sévères. Le respect des normes environnementales représente un investissement de plus en plus important et peut diminuer la profitabilité de la ferme. Le changement de production devient alors un facteur décisif de la rentabilité et de l’avancement de l’organisation agricole.

3. Collaboration

Enfin, la troisième stratégie mise en lumière à la suite de l’analyse de nos résultats est la stratégie de collaboration. Les résultats de l’étude indiquent que les producteurs réussissent mieux lorsqu’ils sont ouverts aux conseils de leur voisinage et des experts et qu’ils ont la volonté d’acquérir de nouvelles connaissances en collaborant avec leur entourage ou avec les différents organismes spécialisés.

En effet, le réseau de contacts d’un propriétaire de ferme contribue au développement de l’entreprise en générant des économies et des opportunités ­inattendues. Le carnet de contacts est indispensable lorsque vient le moment de songer à de nouvelles expériences ou méthodes ou de partager de gros investissements en machinerie. La réussite d’une transaction d’achat permettant de générer un plus gros volume de production passe parfois par un résident de la région ayant servi d’intermédiaire entre les parties, et ce, bien avant que la concurrence en ait eu connaissance.

De plus, comparer l’expérimentation de vos nouvelles méthodes de culture avec celles des voisins vous permettra d’acquérir un bagage de connaissances avant ­d’adopter officiellement de nouvelles ­pratiques.  En ce qui a trait aux professionnels, les services mis à la disposition des agriculteurs par différents organismes tels que l’UPA, le MAPAQ, Financement agricole Canada, La Financière agricole du Québec et les clubs-conseils sont très utiles pour venir en aide aux producteurs dans leur gestion quotidienne, notamment pour se conformer aux nouveaux règlements.

Évidemment, ces judicieux conseils semblent moins nécessaires lorsque les producteurs reçoivent des formations spécialisées postsecondaires. Conformément à la présente analyse, les études axées sur la production agricole permettent de se doter d’une base minimale de connaissances se rapportant à divers sujets et d’explorer différentes méthodes utilisées ailleurs qu’à la ferme familiale afin d’analyser l’application possible ou non à celle-ci, en vue d’améliorations et d’économies significatives. La collaboration de cette nouvelle génération (les enfants), qui bénéficie d’un lot de connaissances plus spécialisées, avec l’ancienne génération (les parents) permet d’accroître le potentiel de croissance de l’exploitation agricole.

Limites

Les résultats présentés dans cette étude comportent toutefois quelques limites quant à l’application de ces conclusions aux autres entreprises du secteur agricole. Certains facteurs clés ayant influencé positivement la croissance d’une entreprise analysée peuvent ne pas avoir le même effet sur une autre pour différentes raisons inconnues de cette analyse.

Considérant la nature de l’essai, l’étendue du travail devait se limiter à une simple analyse de la littérature. Il est donc important de tenir compte que la recension des textes de la littérature pour répondre à la question analysée ne représente pas une recherche exhaustive et que seuls les principaux écrits figurant dans la ­littérature ont été analysés et cités afin d’en faire ressortir les idées principales.

Les répondants sélectionnés étaient diversifiés, mais ne correspondaient pas à la totalité des structures possibles pouvant constituer une entreprise agricole au Québec. Le nombre de quatre entrevues limite les conclusions de cette analyse. Par conséquent, les conclusions tirées ne peuvent pas être généralisées.

Conclusion

L’objectif de cette publication est de permettre aux entreprises agricoles de s’évaluer afin de bien identifier leurs points faibles et les moyens à prendre pour améliorer ceux-ci. Les stratégies d’adaptation, de diversification et de collaboration ne peuvent s’appliquer à toutes les entreprises, mais dans un contexte où l’agriculture est en constant changement, il importe de prendre tous les moyens nécessaires pour assurer le succès de son entreprise.


Evelyne Guertin, collaboration spéciale

NDLR : L’auteure est titulaire d’une maîtrise en administration des affaires et sur le point d’obtenir le titre de comptable professionnelle agréée. Le texte présenté est tiré de son essai sur les stratégies à adopter pour faire croître son entreprise agricole.