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Avec son nouveau joujou à près d’un million de dollars, Jean-Luc Baril compte doubler son volume de production de pommes de terre. Photo : Ferme Lunick

Avec son nouveau joujou à près d’un million de dollars, Jean-Luc Baril compte doubler son volume de production de pommes de terre. Photo : Ferme Lunick

Un véhicule à près d’un million de dollars

Lentement, mais sûrement, la Ferme Lunick se prépare à doubler son volume de production de pommes de terre. Après s’être dotée d’une toute nouvelle chaîne d’emballage en 2018, l’entreprise de Saint-Eugène-de-Guigues au Témiscamingue a acquis l’an dernier un outil agricole qui lui ouvre de nouvelles possibilités : une récolteuse de près d’un million de dollars, la plus grosse dans l’est du continent.

Jean-Luc Baril, copropriétaire de la ferme, parle avec enthousiasme de sa nouvelle acquisition. Serait-ce de l’amour? « C’est même plus que ça », lance-t-il en riant lorsqu’on lui pose la question. Le deuxième producteur de pommes de terre en importance au Québec a mis à l’essai sa nouvelle récolteuse, une Varitron 470 de marque Grimme, sitôt qu’elle lui a été livrée d’Europe à la fin de l’été. Depuis, il ne déchante pas. « Je ne reviendrais pas en arrière », lance-t-il.

Selon ses prévisions, l’investissement d’environ 920 000 $ qu’il vient de réaliser sera rapidement amorti. M. Baril a déjà pu mesurer des gains en productivité sur le terrain. « Avec elle, on récolte maintenant entre 42 et 48 camions de pommes de terre par jour, raconte-t-il. Avant, c’était entre 32 et 35. »

Faire plus avec moins

La nouvelle récolteuse se veut non seulement plus rapide que l’ancienne, mais elle fonctionne aussi sans l’aide d’équipements additionnels. Un autre appareil devait notamment passer devant l’ancienne récolteuse de M. Baril. « Maintenant, au lieu de passer deux fois à un endroit, on ne le fait qu’une fois », dit-il. Avec sa benne d’une capacité de sept tonnes de pommes de terre, la récolteuse permet aussi d’éviter de faire circuler des camions dans les champs. « Je n’ai qu’à vider le chargement une fois arrivé au bout de la terre », précise-t-il.

Les bienfaits qui viennent avec l’absence de camions dans les champs ne se mesurent pas qu’en économies de carburant et d’entretien de véhicules; le sol y gagne aussi, souligne le producteur. « Pour nous, la compaction, c’est le nerf de la guerre, dit-il. Avec cette récolteuse, on diminue de beaucoup la compaction. » Reposant en partie sur des chenilles, l’appareil a pour avantage de pouvoir se déplacer sur un sol humide sans trop l’endommager. « La pluie nous ralentissait beaucoup dans le passé, confie d’ailleurs M. Baril. Chaque fois qu’il tombait deux pouces d’eau, on devait attendre deux à trois jours avant de retourner récolter. Maintenant, on est dans le champ à 10 h le lendemain d’une journée de pluie. »

Attaquer de nouveaux marchés

La Ferme Lunick dispose maintenant de tout l’équipement requis pour doubler son volume de production, comptant notamment sur un nouveau centre d’emballage à la fine pointe de la technologie avec son palettiseur, sa trieuse optique et ses emballeuses automatiques.

L’entreprise, qui cultive présentement des pommes de terre et des céréales en alternance sur 750 acres dans les environs de Ville-Marie, cherchera à accéder à de nouvelles superficies tant du côté de l’Ontario que du Québec au cours des prochaines années. M. Baril indique à ce sujet que sa région compte de 3 000 à
4 000 acres en terres sablonneuses qui pourraient être profitables à la culture des tubercules.