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Le robot Oz, en démonstration à la Journée phytoprotection organisée par le CRAAQ. Une productrice de légumes du Nouveau-Brunswick est la première au pays à s’être portée acquéreur de cet appareil conçu pour le maraîchage, les pépinières et l’horticulture. Photo : David Riendeau

Le robot Oz, en démonstration à la Journée phytoprotection organisée par le CRAAQ. Une productrice de légumes du Nouveau-Brunswick est la première au pays à s’être portée acquéreur de cet appareil conçu pour le maraîchage, les pépinières et l’horticulture. Photo : David Riendeau

Un robot dans les cultures sarclées en rangs

La robotique investit tous les secteurs de l’économie, et l’agriculture n’échappe pas à cette tendance.

À la Journée phytoprotection organisée par le CRAAQ, les participants étaient nombreux à vouloir voir en action Oz, un robot autonome de désherbage mécanique dans les cultures sarclées en rangs.

Le spectacle de ce petit robot qui circulait lentement mais sûrement entre les allées de piquets avait quelque chose de surréel quand on pense qu’il y a quelques générations à peine ce type de travail était encore fait à la main.

« Oz est le seul robot en activité pour les cultures maraîchères dans le monde », souligne Benoit St-Laurent, président de GMABE, dont l’entreprise est le distributeur exclusif de cette technologie française au Canada.

Depuis l’arrivée d’Oz au pays en janvier, GMABE a mené des démonstrations chez une dizaine de maraîchers produisant notamment des asperges, des carottes, des tomates et des fèves. Partout, les agriculteurs ont apprécié la qualité du travail d’Oz, relève Benoit St-Laurent. « Nous avons visité la famille Saint-Pierre à Saint-Jean-Port-Joli. Après avoir vu Oz en action, le père de 70 ans a dit que le robot travaillait mieux que lui au sarclage! Il faut dire que passer toute la journée sur le tracteur, la tête penchée sur l’ouvrage, c’est éreintant. »

Rentabilité

C’est d’ailleurs là le principal argument de vente de ce robot qui se détaille entre 45 000 et 50 000 $ : faire gagner du temps aux agriculteurs et améliorer leurs conditions de travail. À raison de huit ou neuf heures d’autonomie de batterie pour huit heures de recharge, le robot peut abattre l’équivalent du travail de deux hommes chaque jour. En début de chantier, son débit quotidien est d’un hectare désherbé. « Ça ne signifie pas que le maraîcher va couper deux ouvriers, mais il pourra les affecter à des tâches plus lucratives, affirme M. St-Laurent. Il faut aussi qu’une personne soit disponible pour manœuvrer le robot et passer derrière à la pioche si c’est nécessaire. »

Conçu pour le milieu agricole, Oz a une petite taille qui lui confère l’avantage de pouvoir travailler jusque tard dans la saison puisqu’il peut se faufiler là où le tracteur ne passe plus. De plus, son système de guidage caméra et laser lui permet de naviguer sous la canopée du maïs ou en milieu couvert.

Et ses frais d’exploitation sont peu élevés, avance Benoit St-Laurent. « Le robot est à 100 % électrique. Il possède peu de pièces mobiles, donc les risques de bris sont minimes. Si ça arrive, la mémoire de l’appareil conserve les données des 10 dernières séances. Le fabricant peut donc poser un diagnostic rapide pour limiter la durée de l’arrêt. »

Si le robot n’est pas encore apte à travailler de nuit, faute de tests du système de navigation sous la lumière artificielle, les propriétaires de l’équipement pourront bénéficier d’une technologie « évolutive ». Des mises à jour seront effectuées à mesure que le fabricant améliorera les capacités d’Oz. On sait d’ores et déjà qu’en 2020 le temps de recharge des batteries sera réduit de moitié. 

Partenaires recherchés

Dans l’objectif d’adapter les performances du robot à la réalité québécoise et de développer de nouveaux outils, GMABE est à la recherche d’agriculteurs souhaitant monter un projet de démonstration ou de recherche et développement admissible à une subvention du MAPAQ ou aux autres plateformes de recherche. Pour plus d’information, on contacte directement l’entreprise à gmabe.inc@gmail.com.

David Riendeau, collaboration spéciale.