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Un capteur de rendement dans le ciel!

Votre moissonneuse-batteuse ne possède pas de capteur de rendement géoréférencé? Ou votre forfaitaire n’est pas intéressé par cette technologie? Qu’à cela ne tienne, les satellites peuvent se charger du travail!

La Coop fédérée offre en effet, depuis cette année, l’analyse des champs à partir de l’imagerie satellite. Ces photos prises de l’espace révéleraient avec précision le niveau de densité d’une culture. Les plantations uniformes, les zones faibles, les trouées, les secteurs mal semés : rien n’échappe à l’œil du satellite! Tout le territoire québécois, entre la frontière ontarienne et Montmagny, est photographié. Étant donné que le satellite évalue la couverture végétale, la prise de photos s’effectue au moment où les cultures surclassent les mauvaises herbes, soit au mois de juillet (céréales) et au mois d’août (soya et maïs). Un technicien traite ensuite les données du satellite, et au final, transmet au producteur le portrait de chacun de ses champs. De fait, l’information est présentée sous forme de trois cartes couleur, faciles à comprendre.

Satellite

Les cartes de rendement provenant des satellites : une information utile!

1- Carte de rendement relatif. Les différentes zones de densité de la culture, déterminées à partir de l’imagerie satellite, sont utilisées pour distribuer le rendement réel que le producteur a obtenu dans un champ. Par exemple, si 200 tonnes de maïs sont récoltées dans un champ, le logiciel utilisera la photo satellite du champ prise quelques mois auparavant et répartira ces 200 tonnes dans les meilleures zones jusqu’aux moins bonnes. Il en résulte une carte de rendement relatif. « Nous avons effectué trois années d’essai avec les données issues de l’imagerie satellite, et ce, dans des cultures de céréales, de soya ou de maïs. Dans plusieurs champs, les cartes de rendement élaborées avec les photos satellites ont été comparées avec celles produites à partir d’une moissonneuse-batteuse équipée d’un capteur de rendement géoréférencé, et le résultat s’est avéré très similaire », fait remarquer Alain Brassard, spécialiste en agriculture de précision à La Coop fédérée.

2-Carte économique. Le coût de production (réel ou théorique) et le prix  obtenu à la récolte (réel ou envisagé) sont jumelés aux différentes zones de rendement du champ. En d’autres mots, cette carte indique au producteur dans quelles sections du champ il a empoché des revenus, quelles sont les sections où les rendements ont tout juste payé ses dépenses, et finalement, quels sont les endroits où il a perdu de l’argent en cultivant. « Des agriculteurs me disent ne pas avoir besoin de cartes de rendement, car de toute façon, ils connaissent déjà les zones improductives. Sauf que certains constateraient avec surprise que l’accumulation d’eau au milieu du champ leur a coûté, par exemple, 2000 $ en perte de récolte, et ce, uniquement cette année! Mettre une valeur monétaire à des zones de faible rendement permet de prendre des décisions parfois plus rapidement ou plus judicieusement », souligne M. Brassard. Parallèlement à cela, cette carte économique lève le voile sur des problèmes qui paraissaient peu étendus. « La vision verticale d’un satellite révèle des situations que l’œil humain ne peut mesurer, affirme-t-il. J’ai vu des dommages causés par l’accumulation d’eau n’être visibles que sur un hectare. Mais avec l’image satellite, l’effet négatif sur la densité des cultures s’observait en vérité sur cinq ou six hectares. »

3- Carte de gestion. Sur quels champs un producteur qui possède 25 champs priorise-t-il les travaux? Dans quelle mesure des corrections de terrain par nivellement seront-elles rentables sur un champ? Voilà les informations que procure cette carte, qui affiche les écarts entre les zones offrant le plus de rendement et celles en offrant le moins. Alain Brassard ajoute : « Savoir que son champ présente quelques zones improductives est une chose, avoir une carte qui démontre plutôt que 40 % de la superficie du champ génère X tonnes à l’hectare de moins, avec des pertes économiques de X milliers de dollars, c’est beaucoup plus frappant… Face à ce genre de constat, le producteur priorise des travaux de corrections dans les champs affichant de grandes superficies où les écarts sont importants. »