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Des trucs pour sauver des vies

Tous les agriculteurs ont déjà entendu une histoire d’horreur au sujet d’un producteur qui a été enseveli dans un silo, ou d’un feu qui a pris naissance dans un séchoir. Pour éviter ces drames, L’UtiliTerre a demandé des conseils à des experts sur le terrain.

Enseveli sous les grains

Comme des sables mouvants, les grains peuvent ensevelir un travailleur en quelques secondes à peine, dès qu’une vis de vidange démarre ou qu’une trappe est ouverte. « J’ai tellement perdu de producteurs, lance Julien St-Pierre, président de Weightronics-Manugrain. Il doit y avoir un décès par année. » Entrer dans un silo est si dangereux qu’on devrait y aller seulement en dernier recours. Et si on le fait, le système de déchargement doit absolument être arrêté, ajoute M. St-Pierre. « On doit travailler en équipe de deux et être attaché avec une ceinture de sécurité », dit-il.

Le règlement sur la santé et la sécurité au travail est clair. Il est formellement interdit « d’entrer dans un silo, une voiture à grain ou tout autre espace clos lorsque des matières à écoulement libre sont en mouvement ou que toutes les mesures n’ont pas été prises pour éviter toute mise en mouvement de celles-ci. » L’employeur doit également en informer tous ses employés. Un manquement peut se solder par une amende de 15 420 $ à 61 680 $.

Quand les grains se détériorent, ils deviennent plus collants et s’accumulent en colonne. Ils peuvent même former un pont ou un mur. Ces structures sont très dangereuses, car elles peuvent s’écrouler à tout moment et ensevelir une personne.

Pour contrer ce type de problème, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) suggère d’inspecter les silos fréquemment pour éviter les infiltrations. Il est aussi important de bien faire sécher les grains et de contrôler la température en assurant un bon fonctionnement du système d’aération. Si vous notez que des grains se détériorent, il faut les retirer dès que possible.

Pour prévenir un grave accident, la CNESST recommande de travailler à l’extérieur du silo autant que possible, en utilisant de l’équipement spécialisé.

Danger : vis en mouvement

Dans les silos, les vis balais et les vis de plancher sont une autre source de danger potentiel. C’est pourquoi une procédure de cadenassage devrait être implantée pour s’assurer d’arrêter la vis avant de pénétrer dans le silo, souligne Jules St-Pierre. De plus, des protecteurs doivent être mis en place sur les ouvertures dans le plancher du silo ainsi que sur les systèmes d’entraînement des vis de plancher.

Des petits sapins pour travailler en amont

Stéphane Jodoin, propriétaire de la Ferme Normand Jodoin, évite à tout prix d’entrer dans les silos. Pour réduire les risques d’agglutinement des grains dans ces derniers, il a installé des « petits sapins », soit des triangles métalliques devant les trous de sortie du grain pour bloquer les agrégats. Mais lorsque c’est vraiment nécessaire, quand une vis est trop usée et coincée, lui et ses employés doivent suivre une procédure de travail.

Nettoyer les séchoirs

Dans les séchoirs, c’est plutôt le risque d’incendie qui hante les producteurs. Stéphane Jodoin, qui a vu son séchoir brûler en 2009, a redoublé d’ardeur pour limiter les risques. « Il faut choisir un séchoir facile à nettoyer, mentionne l’homme qui s’est acheté une laveuse à pression. Après l’arrêt du séchoir, il faut s’assurer qu’il ne reste pas de grains près du brûleur, car c’est là que les feux commencent. »

Élévateur et passerelles

Le travail en hauteur est toujours risqué et Stéphane Jodoin préfère investir dans la sécurité pour prévenir les accidents. C’est pourquoi il a installé deux passerelles supplémentaires sur son séchoir. Il a aussi changé d’élévateur pour monter en paliers de 25 pi, plutôt que de le faire d’un seul coup à 110 pi de hauteur pour travailler.