fbpx
Le système permet d’évacuer les contaminants (vapeur d’eau, monoxyde de carbone, odeurs, duvet, ammoniac, gaz toxiques, poussières, etc.) et de les remplacer par de l’air neuf. Pour maintenir la qualité de l’air et une température équilibrée dans les poulaillers et autres bâtiments d’élevage, une ventilation adéquate est essentielle.

Le système permet d’évacuer les contaminants (vapeur d’eau, monoxyde de carbone, odeurs, duvet, ammoniac, gaz toxiques, poussières, etc.) et de les remplacer par de l’air neuf. Pour maintenir la qualité de l’air et une température équilibrée dans les poulaillers et autres bâtiments d’élevage, une ventilation adéquate est essentielle.

Nouvel échangeur d’air : la poule aux œufs d’or pour les éleveurs

Comment obtenir des économies d’énergie tout en élevant des poussins en santé? Voilà la question qui préoccupe tout producteur avicole. Depuis la mise en marché de l’échangeur d’air récupérateur de chaleur ESA, c’est maintenant chose possible. Ce système permet en effet de diminuer les frais de chauffage de pratiquement 50 %, réduisant du même coup les émissions de gaz à effet de serre (GES), et ce, tout en assainissant l’air intérieur.

« Il s’agit de laisser circuler les deux masses d’air côte à côte sans se mélanger, explique Stéphane Pilette, président d’ESA. On augmente ainsi la température de quelque 50 % tout en évitant la chute des courants d’air froid sur l’élevage. »

« Il s’agit de laisser circuler les deux masses d’air côte à côte sans se mélanger, explique Stéphane Pilette, président d’ESA. On augmente ainsi la température de quelque 50 % tout en évitant la chute des courants d’air froid sur l’élevage. »

En hiver, la température d’élevage des poussins se situe autour de 30 Co durant les deux premières semaines, ce qui dégage de l’humidité. Si l’animal a trop froid, il convertit la nourriture en énergie au lieu de la transformer en poids. Pour maintenir la qualité de l’air et une température équilibrée dans les poulaillers et autres bâtiments d’élevage, une ventilation adéquate est donc essentielle. ­Toutefois, les coûts de chauffage élevés incitent certains producteurs à limiter l’aération en hiver.

Pourtant, préchauffer l’air froid entrant en utilisant l’air chaud normalement expulsé à l’extérieur est une méthode qui a fait ses preuves. La compagnie Énergie Solutions Air (ESA) l’a bien compris et a développé un nouvel échangeur d’air récupérateur de chaleur efficace et performant qui répond à ces exigences. « Il s’agit de laisser circuler les deux masses d’air côte à côte sans se mélanger [sans contact direct], explique Stéphane Pilette, président d’ESA. On augmente ainsi la température de quelque 50 % tout en évitant la chute des courants d’air froid sur l’élevage. »

Un seul moteur

De conception modulaire en trois parties, le matériel « se défait » en morceaux comme un meuble IKEA. « Le ventilateur possède deux pales à l’intérieur dont l’une est orientée dans un sens et l’autre, sur le pourtour extérieur, dans l’autre sens, explique Daniel P. Rousse, professeur à l’École de technologie supérieure et directeur du Groupe de recherche en technologie de l’énergie et en efficacité énergétique à l’Université du Québec à Montréal. Cette configuration permet de fonctionner avec un seul moteur pour assurer les deux flux d’air [entrant et sortant]. On économise ainsi un engin et sa consommation électrique. »

De plus, la minceur des parois ainsi que le cœur léger (en plastique au lieu du cuivre) de l’appareil permettent de retirer aisément la cassette, de la nettoyer et de la changer au besoin. Et grâce au cycle de dégivrage automatique, fini les problèmes de glace et de givre. « Le noyau de l’échangeur fonctionne quel que soit le temps froid extérieur ou la saleté accumulée, assure le chercheur. L’hélice ne gèle pas, même durant les froids extrêmes. »

Par ailleurs, l’appareil s’installe rapidement et est facile d’entretien : il suffit de dégager la cartouche et de procéder au lavage à haute pression pendant quelques minutes entre chaque cycle de production.

Élimination des contaminants

Le système d’échangeur d’air récupérateur de chaleur ESA permet d’évacuer les contaminants (vapeur d’eau, monoxyde de carbone, odeurs, duvet, ammoniac, gaz toxiques, poussières, etc.) et de les remplacer par de l’air neuf. Tout bâtiment où l’on retrouve des contaminants et dont on doit évacuer l’air ambiant même en hiver représente donc un endroit idéal pour cette technologie. Plus l’air est turbulent (sale), plus cet échangeur est adapté au milieu, d’autant qu’on évite l’émission d’environ sept tonnes équivalent CO2 par année par appareil.

On le recommande généralement pour les productions avicoles (dindons, poulets à griller, œufs d’incubation et poules pondeuses), porcines (pouponnières, mise bas, élevages sur litière) et certaines productions bovines (veaux de lait ou de grain). La taille du troupeau n’a pas vraiment d’importance, car ces dispositifs ne sont pas prévus pour fournir un grand volume d’air. Ainsi, on peut en installer plusieurs (un échangeur pour 4 000 poulets) dans un même endroit afin de bien balancer la ventilation.

Une technologie d’avenir

L’éleveur de poulets Stéphane Forest, de la Ferme du Grand Orme située à Sainte-Mélanie, près de Joliette, peut témoigner des avantages de ce système. « Avec la baisse de l’humidité relative, les poulets grossissent davantage, plus vite et à moindre coût. La litière étant plus sèche et le niveau d’ammoniac moins élevé, ils produisent plus de chair pour une même quantité de moulée. De plus, ils nécessitent moins d’antibiotiques et ont moins de problèmes de pattes. Je constate également une baisse des mortalités. Enfin, l’équipement contribue à ralentir la prolifération des bactéries qui créent l’ammoniac. »

On estime que sur les quelque 800 éleveurs de poulets du Québec, à peine 5 % possèdent un échangeur d’air. Même si ce n’est pas encore le Klondike pour le fabricant, il n’en demeure pas moins que, devant les avantages de cette innovation, le marché est appelé à se développer.

« Dans quelques années, on va “vendre” du bien-être animal, prédit Stéphane Pilette. On commence à comprendre que la qualité de l’air est un élément essentiel au confort animal. L’accumulation de données [température, humidité, gaz corrosifs, qualité de l’eau, génétique, etc.] constitue la prochaine étape. » 

Roger Riendeau, collaboration spéciale