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Nettoyer votre pulvérisateur

En début de saison, tous s’accordent sur le fait que le réglage du pulvérisateur doit être effectué. Puis, avant chaque utilisation, certains réglages doivent être vérifiés et réajustés. Une fois l’application terminée, il est cependant tout aussi important de nettoyer l’équipement, une opération souvent négligée.

Il faut nettoyer le pulvérisateur après chaque utilisation, que l’on prévoie poursuivre le travail avec un produit semblable ou totalement différent le lendemain. En négligeant cette tâche, on risque de s’attirer des ennuis. Les particules de pesticides deviendront difficiles à déloger, pouvant endommager certaines pièces de l’équipement. Sans compter qu’un nettoyage incomplet peut causer des problèmes de contamination et d’incompatibilité de produits, entre autres.

Fond de cuve : comment s’en débarrasser

La meilleure façon d’éviter le surplus de bouillie est de calculer avec précision le volume nécessaire en fonction de la superficie à traiter. Évidemment, un calcul précis ne peut pas corriger un problème d’entretien ou un mauvais réglage de l’équipement. Le surplus de bouillie peut être pulvérisé dans un champ non traité où l’on prévoit appliquer le même produit. À ce moment, on suggère de tenir un registre de pulvérisation détaillé, car il faudra retrancher cette superficie lors de la préparation de la prochaine bouillie, pour éviter l’excédent.

Une fois l’excédent éliminé, le réservoir doit complètement être vidangé. Pour ce faire, deux options sont possibles : un rinçage simple ou multiple. Le rinçage simple se fait de cette façon : on ajoute 10 portions d’eau claire pour chaque portion de bouillie restante. L’eau de rinçage peut ensuite être appliquée dans un champ déjà traité, tout en respectant les doses recommandées sur l’étiquette, les zones tampons et les distances d’éloignement prescrites dans le Code de gestion des pesticides.

Cependant, on recommande d’effectuer le rinçage multiple, qui permet une meilleure dilution de la concentration du pesticide (de la matière active) en utilisant un volume d’eau moindre. L’opération requiert deux ou trois rinçages. Chaque fois, l’eau de rinçage doit être pulvérisée dans un champ déjà traité dans le respect des règles de l’art mentionnées ci-dessus. « On repasse dans le premier champ pulvérisé, par exemple », indique Maurice Phénix, agronome, ingénieur et enseignant à l’ITA de La Pocatière.

Le principe de dilution du rinçage multiple réduit la concentration de matière active (m.a.). Pour une dose de pesticide de 1,5 kg de m.a./ha et un volume de bouillie de 150 l/ha, on estime le volume de bouillie restant dans le fond de la cuve une fois l’application terminée à 10 l (100 g de m.a.). Si le volume du réservoir de rinçage du pulvérisateur est de 150 l, un rinçage unique réduit la quantité de m.a. à 6 g dans 10 l de bouillie restante. Un double rinçage, deux fois 75 l, réduit la quantité de m.a. à 1,4 g dans 10 l. Finalement, un triple rinçage, trois fois 50 l, abaisse la quantité de m.a. à 0,5 g dans 10 l. Le triple rinçage permet de diminuer de 12 fois la quantité de m.a. dans le fond de la cuve (voir le schéma).

Ensuite, on rince à nouveau le réservoir avec de l’eau. Le bouchon de vidange du réservoir remis en place, on ajoute de l’eau et on pulvérise pendant quelques minutes. On vidange une deuxième fois le réservoir et on le remplit d’eau en ajoutant un détergent. On actionne le pulvérisateur pour une dizaine de minutes, puis on vidange le réservoir et le rince jusqu’à ce qu’il ne reste plus de trace de détergent.

Le nettoyage du pulvérisateur exige du temps, et cette étape importante est trop souvent négligée. Les conséquences d’un nettoyage mal fait sont nombreuses. En plus d’endommager prématurément des pièces du pulvérisateur, des résidus de pesticides peuvent sérieusement nuire aux cultures lors d’applications subséquentes. Ne vaut-il pas mieux prendre le temps de nettoyer son pulvérisateur et dormir sur ses deux oreilles!

Laver, laver!

L’extérieur du pulvérisateur doit être lavé à l’eau et au savon, et rincé à l’eau claire. « Une laveuse à pression fait un très bon travail », ajoute Maurice Phénix. L’agronome souligne l’importance de bien nettoyer l’extérieur de la pompe à diaphragme. Cette opération facilite grandement l’inspection visuelle avant une prochaine utilisation, car s’il y a une fuite, on verra tout de suite une coulisse d’huile sur la pompe ou au sol.