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Guy Brisson, de Pneus Robert Bernard, présentait un système de télégonflage aux visiteurs de son kiosque à Expo-Champs, l'été dernier. Photo : Guillaume Cloutier / TCN

Guy Brisson, de Pneus Robert Bernard, présentait un système de télégonflage aux visiteurs de son kiosque à Expo-Champs, l'été dernier. Photo : Guillaume Cloutier / TCN

Le télégonflage, la solution

La pression des pneus est un élément qui n’est pas assez souvent pris en considération chez les producteurs québécois. Que ce soit par manque de temps ou tout simplement par oubli, il est très rare que les opérateurs modifient la pression de leurs pneus à leur entrée dans le champ ou au moment de prendre la route.

«À l’heure actuelle, on peut compter sur les doigts d’une main le nombre d’agriculteurs qui font les ajustements de la pression des pneus, mais éventuellement, avec la hausse des coûts d’opération, ils n’auront pas le choix, explique Alex Corriveau, propriétaire de Machinerie Alex Corriveau, dans Lanaudière. Quand on parle d’un gros tracteur, il est question de 25 000 à 40 000 $ de pneus. Le coût de remplacement est donc assez élevé. Si en optimisant son utilisation, l’agriculteur peut faire six ans au lieu de trois avec ses pneus, on parle ici de grosses économies. »

Daniel Ménard, directeur des ventes régionales pour Alliance Tire Group, se spécialise notamment dans les pneus pour citernes à fumier. Photo : Vincent Cauchy / TCN

Daniel Ménard, directeur des ventes régionales pour Alliance Tire Group, se spécialise notamment dans les pneus pour citernes à fumier. Photo : Vincent Cauchy / TCN

S’il est vrai qu’il y a de cela quelques années, les systèmes de télégonflage étaient encombrants et surtout peu performants, gonflant un pneu en 10 à 15 minutes, la situation est bien différente aujourd’hui. Les différents intervenants rencontrés à Expo-Champs 2019 ont tous parlé de temps en deçà de deux minutes pour procéder au remplissage d’un pneu.

« On peut passer de 12 livres à 25 livres de pression en 90 secondes, lance Guy Brisson, de Pneus Robert Bernard, qui présentait justement un système de télégonflage aux visiteurs de son kiosque. Les gens sont curieux, mais encore hésitants à l’adopter. Il y a quelques agriculteurs qui en ont, mais c’est rare. »

Le coût d’un tel système se situant entre 25 000 $ et 30 000 $ selon les différents intervenants rencontrés, il est normal de se poser la question au moment de faire l’acquisition d’un tracteur.

« C’est quand même un gros investissement. C’est beaucoup plus utilisé par des forfaitaires qui utilisent leur tracteur et leur équipement à longueur de journée, souligne Daniel Ménard, directeur des ventes régionales pour Alliance Tire Group, qui se spécialise notamment dans les pneus pour citernes à fumier. Un gros problème avec les pneus de citernes, c’est que les agriculteurs passent dans le champ une ou deux fois par année avec ces équipements et ne pensent justement pas à l’importance de la compaction chez ces derniers. Une citerne pleine est extrêmement lourde. »

Non seulement un système de télégonflage peut-il aider à réduire la compaction et à améliorer la traction, mais il présente aussi des avantages à l’extérieur du champ, puisqu’au moment de reprendre la route, le gonflage des pneus permet des économies substantielles, autant en gomme qu’en essence.

Chez certaines compagnies, on voit même apparaître des systèmes intégrés à même le pneu.

« Chez Mitas, en collaboration avec Fendt et John Deere, on a inventé le Air Cell, explique M. Massé au sujet du produit qui avait remporté une médaille d’or au salon Agritechnica en 2015. C’est un tube installé directement à l’intérieur du pneu, dans lequel on emmagasine le surplus d’air lors du dégonflage et qui permet ensuite de regonfler tout aussi rapidement. Le tout prend environ une trentaine de secondes. »